jeudi 11 juin 2015

Une nuit à Rome Tome 02. JIM (Série en cours )






Tome 2

Une BD de Jim chez Bamboo Édition (Grand Angle)
12/2013 (11 décembre 2013)   104 pages     Format normal

À 20 ans ils se sont fait le serment d’être réunis pour leurs 40 ans... Et maintenant ? Depuis qu’il a reçu cette fameuse VHS de leur serment de jeunesse à lui et Marie, Raphaël est à côté de ses pompes. Amoureux transi, impulsif comme comme il y a 20 ans, il a tout plaqué - l’anniversaire dans sa belle famille et Sophia, sa compagne - pour prendre un avion pour Rome. Pour rejoindre Marie et être au rendez-vous.

Pour revivre cette passion, rien qu’une fois. Mais arrivé à l’hôtel, devant la porte entrouverte de la chambre, il s’interroge : «Est-ce que tout cela valait le coup ?...»

La veille de ses quarante ans, Raphaël a reçu une vieille cassette VHS en guise de rappel d'une ancienne promesse faite exactement deux décennies plus tôt à son ex-petite amie, Marie: celle de réserver la nuit de leur anniversaire commun à Rome, peu importe où et avec qui ils seront à ce moment-là. 
Plantant sa copine, Sophia, à l'étape cruciale où il devait rencontrer ses parents, le voilà parti pour l'Italie, retrouver pour un instant de folie fugace celle qui fut sa pire addiction. Mais quelques heures de pure ivresse valent-elle la peine de briser tout ce qu'il est en train de construire?



Certains reprocheront à l'ouvrage la légèreté de son scénario, calibré comme un téléfilm. Ils n'ont pas tort, une adaptation cinématographique est annoncée à la fin de l'album. L'intrigue se résume facilement, or tout l’intérêt est ailleurs, dans la création de personnages à la fois archétypaux et terriblement vivants, dans l'expression des vives émotions et questionnements parfois contradictoires qui les agitent. Après avoir mis en place tout l'environnement des héros dans le premier tome, Jim le déconstruit en dévoilant enfin la Ville Éternelle, somptueux écrin à la passion qui dévore les deux protagonistes. Ruines antiques, monuments baroques baignés dans les flamboyants oranges du soleil couchant et ombres lascives composent une toile de fond onirique. Il sait peindre la sensualité des corps et des décors, son dessin éveille le désir, celui de tout plaquer pour s'envoler pour Rome et s'offrir cette délirante virée nocturne au goût de dernier jour.


Poussé à obéir à une injonction absurde, Raphaël affronte le tournant de sa vie, il fait face à une interrogation universelle, à cette angoisse qui tenaille ceux qui doivent choisir entre liberté et engagement. Comment concilier des désirs opposés, Sophia, l'amour raisonnable et la garantie d'une vie de couple standard, ou Marie, l'ultime souffle de la jeunesse, les montagnes russes de l'extrême ? Faut-il vivre vite et mourir jeune ou opter pour le long fleuve tranquille ? Au cœur de la capitale italienne, à travers le quadragénaire, c'est la pomme de la tentation que Jim tend à ses lecteurs. Comment résister à cet enterrement de vie de garçon complètement hors réalité, à cette envie, juste une fois, de se laisser entraîner par Marie dans ce concentré de jouissance qui précède un dur retour au réel. Mais à quel prix ?

À ceux qui poseront les yeux sur ce volume, prenez garde à ne pas réveiller les démons de minuit qui sommeillent. Une nuit à Rome, un rêve éveillé qui bouscule le quotidien.

Lien vers la chronique du T1

Par M. Leroy























Une nuit à Rome Tome 01. JIM



Tome 1

Une BD de Jim chez Bamboo Édition (Grand Angle) - 2012

05/2012 (02 mai 2012) 94 pages 978-2-8189-0970-6 Format normal 161655

    Comme tous les gens heureux en couple, Raphaël aurait pu avoir une vie sans histoire. Mais deux jours avant son quarantième anniversaire, il reçoit une vieille VHS accompagnée d’un simple numéro de téléphone. Sur l’image, il reconnaît Marie. Elle a vingt ans et ils sont nés le même jour. C’est le film d’un serment, leur serment. Celui de se retrouver à Rome la nuit de leurs 40 ans... Bien sûr, ce serait vraiment puéril de tout plaquer pour la retrouver deux jours plus tard en Italie. Ce serait tellement stupide et immature. Tellement... 





    Il est des villes où les amours semblent éternelles : Rome est de celles-ci. Mais les années usent inexorablement les souvenirs et les promesses finissent perdues au milieu de mille et une futilités. Comme tant d’autres avant lui, Raphaël a oublié ce serment fait sur le coin d’un lit, la vie l’ayant poussé vers d’autres bras, à des années-lumière de la Ville Éternelle. Cependant, au soir de ses quarante ans, son amour de jeunesse lui a réservé une chambre, dans un hôtel. Il a quarante-huit heures pour rejoindre la capitale italienne.



    Le blues des quadras ou des quinquagénaires est un sujet d’actualité. Après Margerin et La vie est trop courte ! , Jim s’essaye aux états d’âme d’un adulescent qui se découvre quelques réminiscences amoureuses. L’exercice n’est pas sans risque, car il serait aisé de glisser dans le convenu et les lieux communs. En évitant soigneusement de s’adonner à l’introspection psychanalytique de Raphaël, l’écueil est évité. Le scénario s’organise donc autour d’un homme somme toute ordinaire et montre comment, sans crier gare, certains souvenirs le forcent à choisir entre remords et regrets. Toute la force de cet album produit en famille - la femme de Jim réalisant la mise en couleurs - réside dans une narration toute en simplicité, au gré des copains qui passent, au fil de ces moments insignifiants qui finissent par faire une vie. En quatre-vingt-quatorze planches, Jim dessine l’existence de ses héros comme d’autres la filmeraient, observateur discret, un rien voyeur, des tourments intérieurs de Raphaël, Arnaud ou Marie. C’est simple, sobre, peut-être banal, mais finalement touchant et terriblement humain. Avec un art filmique du découpage et la mise en page, il sait se jouer des lieux, du temps, des personnages et donner un rythme à une histoire qui n’en a pas. Graduellement et inexorablement, tout s’accélère autour de Raphaël qui, spectateur de sa vie, devient, progressivement, acteur d’un désastre annoncé. C'est peut-être dans ce prologue aux allures d’épilogue que réside l'essentiel bémol de cette comédie romantique.

    Cette nuit à Rome est l’occasion d’un bien bel album !
    Par S. Salin



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