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mercredi 24 juin 2026

The Main Spanish 01. Auraleón at Warren's (1971-1972) - Compilation de Voltaire57 (V.O.)


Ce 24 juin cela fera 33 ans, l'âge du Christ et d'Alexandre le Grand,
 qu'Auraleón nous a quitté.

Et en hommage au grand dessinateur espagnol, Voltaire 57 nous 
offre une recueil exceptionnelle: Au


 En guise de préambule

The Spanish Main se traduit par le domaine ou la zone espagnole. 
On pourrait tout autant dire l’empire espagnol
car c’est ainsi qu’il fut initialement compris puisque 
le terme représentait les possessions espagnoles aux
Amériques.


J’ai choisi ce titre pour illustrer l’invasion espagnole –toute amicale, 
de Selecciones Ilustradas chez Warren Publishing. 
Nous sommes alors en 1971 et James Warren 
se débat dans des difficultés financières sans nom. Le succès
de ses revues est bizarrement la source de ses problèmes.
 Il a misé sur la qualité avec d’excellents dessinateurs.
Mais la qualité se paie, cher, et le succès suscite des 
imitations qui bien vite saturent le marché. 
Pire encore certaines
de ses pointures sont recrutées par les concurrents.
 Joe Orlando passe ainsi sous pavillon DC et devient 
le redac’chef des revues horrifiques du groupe.



Dans un premier temps James Warren se rabat donc sur des 
dessinateurs américains de moindre envergure mais les
ventes baissent. C’est alors que le miracle arrive et comme 
tous les miracles il ne prévient pas.

Nous sommes une fin d’après-midi et le patron new-yorkais 
règle les détails du quotidien avant de partir en rendez vous
lorsque sa secrétaire l’interrompt. Il y a un type à la porte, 
un Espagnol, qui repart le lendemain matin dans son pays.
 Il a des planches de dessins à lui montrer, c’est aujourd’hui 
ou jamais. Puisqu’il a une heure à perdre avant son
départ Warren accepte de rencontrer ce Josep Toutain. 
L’inconnu au bataillon a fondé une agence en Catalogne qui
regroupe les meilleurs artistes du pays. Mais vu de New-York on
 a déjà du mal à situer l’Espagne alors rien ne vaut
mieux qu’une preuve produit. Et c’est ce que fait Toutain. 
Son agence bosse déjà pour les revues de BD britanniques
et italiennes, pourquoi pas la lointaine Amérique ?

Pour Warren c’est le choc : plus de qualité moins chère. 
L’affaire est vite conclue. Creepy, Eerie et Vampirella repartent
du bon pied : le groupe est sauvé et l’aventure continue ! 
Mais l’éditeur est aussi un businessman. Ses journaux
sont-à l’époque, destinées au marché américain, il faut donc
 garder des scénaristes américains qui connaissent
l’ambiance et la culture du pays.

Les revues gardent donc la même tonalité. Le style des dessins 
néanmoins s’uniformise car il y a bien une pâte Selecciones
Ilustradas. Si l’on reconnait au premier coup d’oeil 
un dessin de José Ortiz à celui d’un Esteban Maroto par
exemple, on a plus de mal à distinguer un Ramón Torrents d’un
 Isidro Monés ou d’un Vicente Alcázar. On fait certes
la différence mais il demeure une unité de ton qui participe à 
l’ambiance même si un Martin Salvador et dans une
moindre mesure un José Bèa sortent de ce cadre.

Petit à petit Warren ouvrira la porte aux scénaristes espagnols. 
On retrouvera ainsi le nom de Josep Toutain lui même
ou par exemple d’Auraleón , l’un des plus brillants dessinateurs
 de l’équipe qui pourtant ne manque pas d’épées.
 Ainsi Love Strip du #47 de Vampirella d’août 1975 est
 signé Gerry Boudreau et Víctor Mora au scénario et 
Luis Garcia aux dessins. 


En fait on l’a déjà lu dans le Pilote Mensuel #2 de juillet 1974 
sous les signatures de Luis Garcia
et Carlos Gimenez aux dessins et Víctor Mora aux textes. 
Presque certainement cette histoire avait dû paraitre
précédemment dans l’une des revues du groupe Toutain, 
sans que j’ai pu en retrouver la trace.

Après la déconfiture de Warren aux Etats-Unis, la plupart de
 ses talentueux artistes continueront dans les revues espagnoles
de Creepy et Eerie. Toutain faisant feu de tout bois voilà pourquoi 
on retrouve aussi leurs noms dans diverses
revues françaises dont Ere Comprimée et pas mal de 
petits formats d’Aredit, Mon Journal ou Impéria.


Il était prodigieusement doué mais n’a pas eu la reconnaissance 
qu’il méritait. Né à Madrid Auraleón le 22 décembre 1939 
il entre tout jeune dans la vie active. Mais la routine d’employé 
de bureau ne le passionne guère, aussi
cogne-t-il à la porte de Selecciones Illustradas
Nous sommes en 1959 et il n’a pas encore 20 ans. 
Il a néanmoins un culot d’acier car c’est un pur autodidacte 
et Josep Toutain, le patron de l’agence, passe pour être exigeant. 
Aux vues des dessins du jeune homme il est embauché illico.

À l’époque S.I. Arts, puisque c’est ainsi qu’elle est surtout
 connu dans le monde anglo-saxon, travaille beaucoup
pour la presse BD britannique, Fleetway principalement. 
Celui qui s’appelle Rafael Aura León et qui signera désormais
Auraleón fait ses premières armes justement
dans des récits guerriers tels Combat, Commando, etc. 
On le retrouve également
dans d’autres petits formats comme Ögan.


Il va ainsi pendant 10 ans peaufiner son style 
qui reste toutefois dans le registre Toutain
avec comme influence Alberto Breccia et Sergio Toppi, deux grands 
maitres du noir et blanc. C’est en 1971 que parait son premier 
dessin chez Warren. Après José Ortiz et Esteban Maroto qui
 contribuèrent le plus aux Creepy, Eerie et compagnie,
Auraleon et Luis Bermejo furent les autres piliers du groupe 
américain quasiment jusqu’à sa déconfiture en 1983.

Entre temps l’Espagne était redevenue une démocratie
 avec comme symbole la movida. Ce mouvement aussi
bien artistique que social était synonyme de fête, 
de liberté de parole retrouvée et de libération des mœurs. 
Cela s’est traduit par une
explosion de la presse BD adulte en Espagne avec des 
titres fort différents comme El Víbora (1979-2005), 
Totem (1977-1984), Cimoc (1979-1980 puis 1981-1995), etc.


Auraleon y trouve vite sa place se spécialisant en quelque sorte dans
la SF. Son dernier travail sera justement Viaje al Infierno paru dans la
version espagnole de Creepy. Nous sommes alors en 1984, date prémonitoire en quelque sorte.
 La fin de Warren Publishing pour lequel il
s’était donné corps et âme, trouvant ainsi sa voie dans 
l’horreur et le fantastique, doublé d’un divorce vont le faire 
entrer dans un voyage sans retour.
Comme il le dira à l’un de ses amis : « Chaque chose en son temps. 
Je n’ai plus envie de dessiner. 
Mon esprit est à bout et je ne sais plus créer d’histoires. »
 Cette dépression le conduira à se suicider le 24 juin 1993.

Il nous reste aujourd’hui plusieurs courts récits et les séries sur
 lesquelles il contribua comme Pantha ou qu’il anima
comme Cassandra St Knight ou Sweetwater Nessie
 pour lesquelles il fut l’unique dessinateur.

Avouez que c’est un magnifique cadeau qu’il nous a légué là.





Nous remercions Voltaire 57 pour ce magnifique album en V.O., 
parfaitement édité.

  Album nº647 réalisé par Voltaire57

Publié par Monsieur Augustin

mardi 23 juin 2026

Chantal - Robert Rigot 04. Chantal et le mystère de Redfern (1952-1953) - Compilation de Lorenzo Flach

  Chantal et le mystère de Redfern   


Âmes Vaillantes du Nº 40 - 1952 au nº 19 - 1953





Scans: Gallica.bnf.fr
Mis en forme: Lorenzo Flach

Nous remercions Lorenzo Flash pour ce travail de grande qualité.

Publié par Monsieur Augustin

lundi 22 juin 2026

Mc Queen - Trois Petits Singes (Intègrale) - Emilio van der Zuiden. Compilation de Voltaire57


Au physique c’est un monstre ou quasiment tel. 
D’ailleurs amis comme
 ennemis ne se gênent pas pour l’appeler
‘macaque’ et de fait il a un côté simiesque.
 Il s’appelle McQueen,
 est détective privé et officie à New York. 
Nous sommes en 1967 et alors que le salaire médian d’un 
ménage est de 7.000 $ par an, lui prend 25$ par jour, plus les frais. 
Mais pour cette affaire là il va en demander 150. 
Pour cela il doit retrouver
une jeune française dont le tonton semble éploré.
 Il l’est davantage encore
par la disparition d’une statuette chinoise qui ne vaut 
pas moins de 15.000 $. 
La belle a en effet eu l’idée saugrenue de partir avec ce jade
qui représente trois petits singes ,
ça tombe bien c’est le titre de l’histoire !


À cette enquête s’en greffe une autre toute personnelle. 
Notre héros s’est promis de
retrouver Maya la fille de son amie Lynn qui est désormais 
plongée dans le coma.
Lynn était une cliente qui cherchait à fuir avec sa
 fille un mari violent et accessoirement gangster. 
Depuis la gamine a été enlevée et sa mère git à l’hôpital.
Un tel échec vous secoue un
homme, même quand il a un faciès
très particulier. C’est pourquoi notre
détective de choc va régulièrement chez une psy.


Quand on aura ajouté que son nouveau client et Pépé, son adjoint, 
viennent de passer brutalement de vie à trépas, on pourrait
 se demander si notre héros ne porte pas la guigne.
Bref, il va falloir jouer des coudes, mais pas que, pour trouver la solution.
Vous l’avez compris nous sommes dans une bonne série noire comme le
cinoche américain nous en a offert des paquets. Question originalité on
repassera donc, mais c’est solide, carré et bien fait. 
Toutefois le plaisir qu’on retire d’un film réside aussi dans 
le talent du metteur en scène. 
C’est la même chose en BD et là on peut dire
 que nous sommes gâtés.


Outre le fait que le dessin a un petit quelque chose de Philippe Berthet, 
il est des modèles moins classieux, la mise en page
témoigne d’une maîtrise réelle de l’art séquentiel. 
La continuité des cases et de l’action ci-dessous n’en est qu’un petit reflet.


Emilio van der Zuiden qui signe dessin et scénario s’offre 
même le luxe de pasticher Escher.

L’auteur nous fait cadeau de quelques planches aussi belles que 
fort originales dans une histoire qui malgré sa violence est
d’une originalité folle, le fantôme de Pépé n’étant qu’un de ses éléments. 
Bref, ce Belge « né d’un père batave et d’une mère
gitane andalouse » a un talent fou.

La balade new yorkaise qu’il nous propose est d’ailleurs un délice.

On l’a d’abord connu en France car il fut le co-créateur des Enquêtes
 auto de Margot. Depuis il travaille surtout avec Stephen Desberg 
avec toujours autant d’élégance mais un poil moins d’originalité. 
Il faut dire qu’autant Les Anges d’Auschwitz (2020)
qu’Aimer pour Deux (2021) ou L’Héritage Wagner (2023) 
ne prédisposent pas à la rigolade. Signalons également sa bien jolie
interprétation de la Fille du Puisatier (2024) tirée de Pagnol.


Si vous ne le connaissiez pas déjà vous allez maintenant avoir 
la chance de découvrir un grand artiste !







Nous remercions Voltaire 57 pour ce magnifique album.

  Album nº646 réalisé par Voltaire57

Publié par Monsieur Augustin

dimanche 21 juin 2026

Three (Complete Series) - Compilation de Voltaire57 (V.O.)




  La civilisation grecque a apporté beaucoup de choses au monde : 
la notion de démocratie, même si elle
n’était accordée qu’aux seuls citoyens,  la philosophie, 
des règles d’architecture et de géométrie, etc. 
Pour autant tout n’était pas parfait. 
Même s’il n’était pas basé sur la couleur de 
la peau oudes croyances, le
commerce des esclaves était florissant. 
Délos était réputé pour cela. 
Schématiquement vous faisiez partie
d’un peuple vaincu vous deveniez esclave, 
même si c’était un peu plus complexe que cela.

À proprement parler les hilotes n’étaient pas des esclaves 
mais l’équivalent de nos serfs médiévaux. C’est-à-dire qu’il
étaient attachés à une terre et non à un maître. 
En l’occurrence les hilotes appartenaient à l’état spartiate, lequel
état les prêtait à Achille, Kaliclès, Alexandre, etc. 
Dans la réalité c’était donc tout comme.

On sait que Sparte n’était pas d’une grande tendresse. 
Quand une femme venait d’accoucher on présentait le bébé à
une commission d’anciens. Si le gamin semblait souffreteux 
on le balançait dans un gouffre, celui des Apothètes.
Enfin ça c’est Plutarque qui le dit et comme il est le seul à
 le faire les archéologues se demandent aujourd’hui si c’est
bien vrai. Mais cela montre bien que la cité de guerriers 
n’était pas trop portée sur la rigolade.


L’éducation obligatoire et collective que recevaient
 les jeunes spartiates
est appelé agōgē. C’est-à-dire que de 7 à 20 ans les
 enfants étaient retirés
de leurs parents pour suivre cette éducation dont l’acception
actuelle de ‘spartiate’ indique bien la frugalité, 
la sobriété voire l’inconfort.
Toujours pas de rigolade.

Seuls les meilleurs éléments qui avait passé l’agōgē 
avaient droit à une
récompense : la cryptie. Enfin la rigolade !

En fait pas vraiment puisqu’il s’agissait de tuer des hilotes,
 mais sous certaines conditions. 
Les chasseurs, appelés kryptoi, devaient aller nus
pieds, sans vêtements chauds et munis d’un seul poignard,
 le tout dans la nuit noire. 
Leur mission tuer les hilotes qu’ils croiseraient 
sur leur chemin
et plus particulièrement les plus forts, ce qui 
écartait de la boucherie femmes et enfants. 
Bon, il s’agissait toutefois de ne pas trop 
en tuer puisque ce sont quand même les hilotes qui
travaillaient dans les champs, aidaient à la construction d
es bâtisses, en un mot étaient la force de travail de l’état.


Pour être un peu plus complet, il semblerait que ces kryptoi, 
en tout cas les meilleurs d’entre eux, devenaient ensuite
membres de la police secrète, des sortes de James Bond avan
t la lettre. Inutile de dire que la vie d’un hilote n’étant
déjà pas drôle, ce genre de sport leur tapait sur les nerfs, 
d’où quelques révoltes durement châtiées.

Donc l’histoire que vous allez lire est plausible même si 
pour les besoins de la dramaturgie, elle est grossie. Mais elle
est prenante, même si sanglante 
et avec ce qu’il faut de rebondissements.

En tout cas elle montre que même dans une civilisation 
raffinée comme pouvait l’être la Grèce antique il pouvait y
avoir des côtés sombres (de la force ? 
Non, ça c’est une autre histoire !).






Nous remercions Voltaire 57 pour ce magnifique album en V.O., 
parfaitement édité.

  Album nº645 réalisé par Voltaire57

Publié par Monsieur Augustin

samedi 20 juin 2026

Pif et Hercule – Vacances sans histoires (Louis Cance) Scans : JLM / Retouches : TheWitch (Inédit)

Premier album cartonné de Pif paru en 1973, dessiné par 
Louis Cance avec une couverture signée Arnal.

Louis Cance est né en 1939 à Sansac-de-Marmiesse. 
Après une première publication dans le magazine L'Écureuil, il fait ses débuts professionnels dans le magazine Johnny Texas avec la série « Red Devil » en 1959 et 1960. Entre 1965 et 1968, il dessine plusieurs bandes dessinées pour des magazines comme Record, Lisette ou Amis-Coop. En 1967, il reprend la série « Pif le Chien » dans le magazine Pif et continue à y travailler jusqu'en 1990. Il alterne les scénarios avec Patrice Valli et Christian Godard.

Parallèlement à son travail sur Pif, Cance dessine la série « Pépé Dynamite » d'après des scénarios de Claire Godet, publiée dans Formule 1 aux éditions Fleurus. En 1973, il lance le magazine Hop ! considéré comme l'un des meilleurs magazines d'actualités de la bande dessinée en France.

Il réalise « Un de la Police Montée » pour Amis-Coop entre 1973 et 1990.

De 1978 au milieu des années 1980, il collabore également 
avec Édi-Monde/Hachette en tant que scénariste
 pour les bandes dessinées Disney. Il est le père de l'illustrateur 
et peintre Hubert Cance.
Il décède en 2023.



 Nous remercions JLM & TheWitch, pour ce magnifique
travail de numérisation et de retouche et
  JLM pour cette excellent présentation.

Publié par Monsieur Augustin

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