Rechercher dans ce blog

lundi 16 mars 2026

Michel-Strogoff. Une triple master class - Compilation de Voltaire57



Avec 20.000 Lieues sous les Mers et Le Tour du Monde en 80 jours, 
Michel Strogoff fait partie des trois romans les
plus célèbres de Jules Verne. Une dizaine de films, plusieurs séries TV, 
une opérette, une pièce de théâtre et
d’autres babioles encore, sont là pour en témoigner.

Lorsqu’il écrit son roman (1875-1876) Verne s’inspire sans doute de 
l’atmosphère de La Fille du Capitaine (1836) de Pouchkine, 
l’Ogareff du Français empruntant plus
d’un trait au Chvabrine du Russe. Qui plus est la période est
 à la russophilie. Ivan Tourgueniev
vit depuis de longues années en France et la fine fleur de
 la littérature française va devant
de lui : Mérimée, Dumas, Flaubert, Zola, Daudet, Hugo, etc. 
Un joli tableau de chasse, non ?


Michel Strogoff est en quelque sorte l’ancêtre du thriller. 
Verne reprend la recette qui avait
si bien marché avec Le Tour du Monde en 80 jours. Dans les deux cas, il y a d’immenses
territoires à parcourir, semés de multiples dangers et dans les deux cas il faut faire au plus
vite : gagner un pari pour l’un, délivrer un message vital pour l’autre.
On retrouve cette mécanique dans la plupart des thrillers d’aujourd’hui.
Alors que Verne a cette image de sérieux, ses romans sont toujours très documentés, l’histoire
qu’il propose n’a rien d’authentique. Certes les Tartares, on parle désormais de Tatars (sauf pour le steak !) ont bien
soumis l’Europe orientale mais c’était au Moyen-Age. 
Ces tribus turco-mongoles ont fait plier les tsars qui devaient payer
tribut.
Mais depuis le début du XVIe siècle les Russes on repris l’initiative et soumettent les unes après les autres les peuplades de
Sibérie et d’Asie centrale. Dès la fin du XVIIIe siècle elles ont cessé d’être une menace pour l’état russe et sont même devenues
une proie. 
La carte ci-dessous indique bien les différentes étapes de l’expansion russe.


Mais cette conquête ne s’est pas faite sans douleurs. Tachkent est prise en 1865, Boukhara et Samarcande tombent en 1868
après de furieux combats. Un bon nombre de tableaux de l’époque montre la violence des batailles. Sans doute le plus célèbre
d’entre eux, Apothéose de la Guerre, sert d’ailleurs depuis pour montrer l’ignominie de toutes les guerres. Témoins de
cette conquête Vassili Verechtchaguine a peint ou dessiné environ 250 oeuvres qui montrent certes la guerre mais aussi de
nombreuses et pittoresque scènes de rues ou marchés, le tout étant regroupé sous le titre générique de ‘série de Tachkent’.
Quelques années auparavant les Russes se sont heurtés, dans le
Caucase cette fois, aux troupes avares de l’imam Chamil. Celui-ci
se soumet en 1859.

Bazar de Boukhara (1872) de Vassili Verechtchaguine


Ce sont ces différents éléments qui ont vraisemblablement servi
de base à l’inspiration de Verne. À une époque où les lecteurs ne
savaient pas vraiment situer les lieux sur une carte et ne connaissaient
pas les tenants et aboutissants du contexte, le roman passait
donc pour crédible, d’autant là encore qu’il s’agit d’un pur
roman d’aventures.




Le succès n’a jamais été vraiment
démenti car outre l’action et donc
le suspense inhérent on y trouve la
romance entre Michel et Nadia et
le pointe d’humour grâce aux deux journalistes que sont l’Anglais 
Harry Blount et le Français Alcide Jolivet.




Le roman aura quelques ‘suites’ comme La Petite-Fille de
 Michel Strogoff (1927) d’Octave
Beliard ou Le Triomphe de Michel Strogoff (1961) un film de 
Victor Tourjanski dans lequel
Curd Jurgens reprend le rôle qu’il avait tenu dans le film 
de Carmine Gallone en 1956. Ce furent
tous deux de grands succès, le premier attira quasiment
 7 millions de spectateurs et le
second 2,7 millions.

À noter que ce film sera adapté par le petit-fils du romancier 
dans la collection de la Bibliothèque Verte.

Il était donc évident que la BD s’emparât de pareil personnage. 
Mais adapter en une cinquantaine
de pages, rarement plus, une oeuvre qui en fait plus de 200 
tient de la gageure.

Toute recension parait difficile à faire d’autant plus que selon les
éditions la couverture change.



On donne sur cette page différents
exemples. Il y a même des bizarreries ainsi
BDGest estime que la scénariste de Michel Strogoff dans
 a collection Les Chefs d’OEuvre de la Littérature en BD 
est Francine Blancini (sans doute la traductrice) 
tandis que le dessinateur est Jesús Blasco.


Pourtant la version espagnole indique qu’adaptateur et
dessinateur ne font qu’un à savoir Juan García Quirós.


Nous donnons quelques exemples de différentes
versions. Le Classique Illustré était dessinée par Arnold
Hicks, la version française date de 1960, l’américaine de 1954. 


Samedi Jeunesse offre sa version en 1961, celle des
Espagnols Fariñas (adaptation) et Guerrero (dessins) date de
1963. Armando Fernando (scénario) et Formento (dessins)
adaptent en 1984 en feuilleton le roman dans diverses revues
de l’éditeur argentin Columberos.


L’idée de cet album était de réunir plusieurs versions, trois
en l’occurrence, qui racontent par définition la même histoire
mais pas de la même façon.
L’épisode de l’ours par exemple ne revêt pas la même importance.
Chaque dessinateur a bien évidemment son style
mais là encore la manière d’imaginer des scènes par essence
identique et de construire les planches est assez
différente.

La version de Caprioli commence avec quelques pages
d’introduction retraçant à grands traits l’histoire de la Russie.
On y voit d’ailleurs un personnage qui est la sosie du
chanteur Ivan Rebroff. La version de Brémaud se termine
par un dossier plus copieux.
Bref, c’est à une triple master class que ce recueil vous convie
aujourd’hui.



Les 3 albums du présent recueil:

 Franco Caprioli/Roudolph (1976)
 Ramón de la Fuente (1978)
 Frédéric Brémaus/DanièleCaluri (2010)





Nous remercions Voltaire 57 pour cette magnifique leçon d'histoire, 
de littérature et de bande dessinée.

  Album nº619 réalisé par Voltaire57

Publié par Monsieur Augustin

dimanche 15 mars 2026

The Wild Wild West (1966-1969) Complete Series - Compilation de Voltaire57 (V.O.)


 Aujourd’hui 007 est un personnage établi mais ce n’était guère le cas en 1962 quand sortit James Bond contre Dr No. Le film avait couté environ un million de dollars et en rapporta presque 60, une somme colossale à l’époque. Un peu moins de 4,8 millions de Français se précipitèrent pour une auscultation de ce fameux docteur. Le succès planétaire entraina coup sur coup trois autres films Bons Baisers de Russie (1963), 5,6 millions de spectateurs en France, Goldfinger (1964); 6,7 millions d’entrées dans l’hexagone et Opération Tonnerre (1964), 5,8 millions.

La Bondmania avait saisi le monde d’où de multiples imitations et i
névitablement de séries TV. NBC fut sans doute la première à dégainer 
dès 1964 avec Des Agents Très Spéciaux qui reprenait le côté serial 
des grands méchants en y incluant moult gadgets. CBS ne 
pouvait laisser ce champ libre à sa concurrente et lança 
en 1965 Les Mystères de l’Ouest.


La recette est la même : de méchants mégalomanes ou des savants fous qui ont souvent, sinon toujours la gentillesse, d’expliquer au héros, en l’occurrence James West, ce qui va se passer. Mais c’est sans compter sur son acolyte, Artemus Gordon qui grâce à son intelligence et ses ingénieuses inventions 
va retourner la situation.

Outre son côté scientifique Artemus est également un as du déguisement et il n’est pas interdit de penser qu’il a inspiré le personnage que Martin Landau interprète dans Mission Impossible (1966-1973).


L’originalité de la série vient du fait, selon l’aveu même des producteurs, qu’il s’agit d’un « James Bond à cheval ». L’action se déroule dans l’ouest américain sous la présidence d’Ulysse Gordon (1869-1877) dont il est fréquemment question et qu’on voit même apparaître dans un épisode. À l’époque le western est un genre populaire tant au cinéma qu’à la TV américaine puisque plus de 120 séries seront tournées dans les années 50 et 60.

Mais ces Mystères là se distinguent des autres par de multiples fantaisies. L’humour d’abord car la série ne se prend pas au sérieux. L’action est presque toujours décalée par rapport à la réalité du Far West : palais hindou, soucoupe volante, fantômes, kraken, etc. Ces éléments apportent une touche d’incongruité exotique à laquelle il faut rajouter une ambiance vernienne avec des machineries qui n’existent pas à l’époque. Ainsi il est fait allusion dans un épisode au kinetoscope qui ne sera inventé qu’une dizaine d’années plus tard (1888) mais qui est de fait un cinématographe (1895), etc. Ce léger parfum steampunk, couplé avec les multiples gadgets, le caractère fantasque des histoires et la pointe d’hu-mour en font un succès. Toutes choses égales par ailleurs on peut dire que ce tandem fait penser à celui de Chapeau Melon et Bottes de Cuir qui vivent des aventures aussi farfelues.

Ceci permet d’effacer un peu le caractère prévisible et répétitif des histoires et le côté un peu désuet des décors. D’ailleurs pour renforcer le côté fantaisiste de ces aventures le titre initial Wild West (Ouest Sauvage) fut changé en Wild Wild West !

Western Publishing avait claqué la porte d’avec Dell Comics en 1962, emportant avec elle un certain nombre de droits TV. On a du mal à imaginer la puissance de cette association qui fit des deux larrons le plus puissant et le plus rentable des éditeurs de comics dans les années 40 et 50. Ce divorce ne profitera à personne puisque Dell Comics disparaîtra en 1973 et Gold Key la nouvelle émanation de Western Publishing en 1984 mais après s’être traînée une dizaine d’années.

La politique de Gold Key était d’acheter les droits des séries TV, cartoons compris. Il était donc assez naturel que ce duo d’agents secrets fassent un tour chez cet éditeur.

Curieux tour en fait, car ponctué de seulement 7 numéros alors
 que la série était fort populaire. Plus surprenant encore les deux premiers numéros sortent en 1966 puis rien en 1967, un troisième épisode en mars 1968. Il faut attendre septembre pour voir le n°4 publié puis enfin les trois derniers de ma-nière erratique en 1969. Il y a mieux pour fidéliser un lectorat !

Qui plus est Leo Dorfman (1914-1974) qui signe toutes les histoires n’est pas le scénariste du siècle. Ses histoires restent assez convenues, sans la touche d’humour du feuilleton. Il fait même preuve de mauvais goût alors que les 104 épisodes de la série commencent tous par The Night of, Dorfman ne reprend la formule que deux fois sur sept. Comprenne qui pourra.


Assez curieusement il ne reprend jamais le personnage du Dr Loveless interprété par Michael Dunn (1,18 m) et souvent accompagné de Richard Kiel (2,17 m) qu’on retrouvera plus tard dans des films de James Bond. Il aurait pu aussi utiliser le comte Manzeppi joué par Victor Buono (180 kg !) mais non. Tous étaient pourtant des méchants de taille ou de poids !

Accusée avec d’autres d’être trop violente, ce qui aujourd’hui ferait plutôt sourire, la série est arrêtée au bout de quatre saisons entraînant de fait la fin de sa parution dans Gold Key.

La BD connaîtra une plus longue carrière en France notamment grâce à Gérald Forton et sera reprise fugacement en 1990 par Millenium Comics pour une aventure déclinée en quatre numéros à suivre.


Quant à Artemus et James ils reviendront pour deux téléfilms en 1980 
et 1981 avant qu’un film ne soit tourné en 1999 avec Will Smith 
et Kevin Kline.
 Le bide fut autant artistique que financier et 
depuis personne ne s’y est frotté.

Sit transit gloria mundi !



Nous remercions Voltaire 57 pour ce magnifique album en V.O., 
parfaitement édité.

  Album nº618 réalisé par Voltaire57

Publié par Monsieur Augustin

samedi 14 mars 2026

Bob et Bobette – Pagaille à Montmartre (Ronald Grossey – Dirk Stallaert) Scans : JLM / Retouches : TheWitch (Inédit)


En 2020, l’éditeur « Le Standaard » décide de relancer la série bleue en faisant
paraître le Sonomètre, une histoire ébauchée très succinctement par
Willy Vandersteen et que François Cortegianni a imaginé à partir
des quelques pages laissées par le Maître…

C’est Dirk Stallaert qui mettra en image cette histoire et n’en restera
pas là puisque qu’en 2022, sera édité « Le Joker disparu »
scénarisé par Ronald Grossey.


On retrouvera ensuite, le même duo sur l’aventure suivante « Pagaille à Montmartre » parue en 2024 et qui est proposée aujourd’hui.


En 2025, pas de nouveau titre dans la collection bleue mais un album mettant à scène les personnages de la série « Bob et Bobette » ainsi que ceux de la série « Gil et Jo » (Jommeke).

On retrouve donc Dirk Stallaert au dessin et c’est Kristof Berte (un des scénaristes de Jommeke) qui signe les textes.

Cet album a bénéficié de 3 couvertures :



Pas d’annonce pour l’instant pour 2026. Y aura-t-il un nouvel album dessiné par Dirk Stallaert, collection bleue ou autre ! Mystère…


Dirk Stallaert a réalisé les couvertures de 2 albums à paraître en 2026 car à l’occasion du 80e anniversaire de Suske en Wiske, l’hebdomadaire flamand Knack a fait réaliser deux intégrales rassemblant les 22 récits parus à l’origine en impression deux couleurs. Il s’agit des versions flamandes originales, dont de nombreux textes ont ensuite été modifiés pour le marché néerlandais.

Bien sûr, il n’y aura pas de traduction française…







 Nous remercions JLM & TheWitch, pour ce magnifique
travail de numérisation et de retouche et
  JLM pour cette excellent présentation.

Publié par Monsieur Augustin

vendredi 13 mars 2026

Les aventures du Capt’ain Swing et les loups de l’Ontario en une seule collection 61 - 70. Compilations de Robert Dubois

  Créations personnelles d’albums des aventures du Capt’ain Swing et les loups 
de l’Ontario en 281 épisodes.

Ces compilations comportent les histoires originales du Capt’ain Swing qui ont été publiées en France dans les périodiques des éditions AVENTURE & VOYAGE / MON JOURNAL.

SWING (série 1) 296 numéros de 1966 à 1991 – 280 épisodes inédits et 16 rééditions.

SWING (Série 2) (réédition des premiers épisodes dans l’ordre chronologique) 300 numéros de 1994 à 2019.

Réédition en plus grand format des premiers épisodes dans Super SWING (Série 1) 63 numéros de 1980 à 1987.

Et une nouvelle réédition des premiers épisodes dans Super SWING (Série 2) 46 numéros de 2019 à 2024.

Et pour finir encore une réédition d’épisodes dans Spécial SWING 15 numéros de 1986 à 1991.



Capt'ain Swing - 61 - Le disparu de San Juan

Date parution série 1: juillet 1971,  Date parution série 2: avril 1999

Capt'ain Swing - 62 - Le bourreau d'Oswego

Date parution série 1: août 1971,  Date parution série 2: mai 1999

Capt'ain Swing - 63 - La sorcière d'Endor

Date parution série 1: septembre 1971,  Date parution série 2: juin 1999

Capt'ain Swing - 64 - L'assassin mystérieux

Date parution série 1: octobre 1971,  Date parution série 2: juillet 1999

Capt'ain Swing - 65 - Qui trahit qui

Date parution série 1: novembre 1971,  Date parution série 2: août 1999

Capt'ain Swing - 66 - Le roi des marais

Date parution série 1: décembre 1971,  Date parution série 2: septembre 1999

Capt'ain Swing - 67 - Le diabolique Lord Charles

Date parution série 1: janvier 1972,  Date parution série 2: octobre 1999

Capt'ain Swing - 68 - Le trésor du fantôme

Date parution série 1: février 1972,  Date parution série 2: septembre 1999

Capt'ain Swing - 69 - L'homme à la vielle

Date parution série 1: mars 1972,  Date parution série 2: novembre 1999

Capt'ain Swing - 70 - La tragédie de l'avant-poste n° 7

Date parution série 1: avril 1972,  Date parution série 2: janvier 2000







Merci aux scanneurs


 Compilations de Robert Dubois

Merci beaucoup pour cette série de grande qualité

Publié par Monsieur Augustin

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...