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mardi 3 novembre 2026

BD policière francophone XXe siècle - Deuxième partie (1940 ~ 1954) 01. Les personnages de séries du domaine policier - Contribution de Christian

 


01. Les personnages de séries du domaine policier

          S'il est vrai que c'est surtout au cours des années 70 que la bande dessinée d'expression française s'est intensivement intéressée aux adultes, et a donné lieu à une vague d'originaux ou de rééditions sous forme d'albums, il serait toutefois faux de penser que les dessinateurs aient attendu cette date pour commencer leurs créations.

          La presse quotidienne des années d'après guerre diffusait abondamment des bandes journalières de plusieurs cases, souvent inspirées de thèmes policiers, regroupées sur une page qui leur était réservée.

          En outre les journaux spécialisés dans la bande


dessinée surtout destinés aux adolescents (les illustrés comme on les appelait à ce moment là) faisaient preuve d'une grande vitalité

          Jusqu'aux années 70 (qui marquent le début de la Bédémania des adultes) apparaîtront différents personnages qui vivront des aventures mêlant intrigues policières, aventures et espionnage.

          Notons en passant que ces personnages ont subi pendant les années 40 et 50 les influences de leur destination initiale à un public plutôt juvénile ainsi que la pression de la morale religieuse. Cela écartait de ces publications toutes les aventures incidentes amoureuses et condamnait les héros à un comportement asexué. La participation des femmes était ainsi reléguée à une place généralement réduite au strict minimum.

          Tout ceci était aggravé par la censure (loi du 16/7/49) qui excluait « les illustrations, rubriques ou inscriptions présentant sous un jour favorable, le banditisme, le mensonge, le vol, la paresse, la lâcheté, la haine, la débauche ou tous actes qualifiés crimes ou délits de nature à démoraliser l'enfance ou la jeunesse ou à inspirer ou entretenir des préjugés ethniques... ». Cette réglementation, très louable dans son principe, a eu pour conséquence pratique indirecte d'imposer un lourd carcan aux créateurs.


          * Jean Valhardi est créé en 1941 par Jijé pour le dessin et Jean Doisy pour le texte.

                    Les aventures de cet enquêteur d'assurances grand et musclé paraîtront dans le journal Spirou. Elles se dérouleront d'abord en Belgique, puis le conduiront dans différents points du globe.

                    Ces récits forment un modèle du genre. Ils mettent en scène un héros idéalise au cœur pur.

                    Ils font également apparaître un binôme constitué par un jeune adulte (Valhardi) et un adolescent (d'abord Jacquot puis Gégène) qui sert d'amuseur et de faire valoir, calquant en cela ce qui avait été déjà mis en place par Milton Caniff dans Terry et les pirates. Ce modèle sera largement utilisé par la suite.

                    Le dessin est réalisé au début dans un style personnel assez proche de celui d'Hergé dont il s'écartera par la suite avec un emploi assez appuyé du noir.

                    À son départ aux États-Unis en 47, Jijé passe son crayon à Eddy Paape sur des textes fournis par Doisy, puis Yvan Delporte et Jean-Michel Charlier.

                    En 56, Jigé reprend le personnage qui sera ensuite abandonné en 65 à l'exception d'un bref retour en1982 (René Follet et AP Duchâteau). La quasi totalité de ses aventure est rééditée en albums chez Dupuis (qui entreprend également l'édition d'une intégrale Tout Jijé) : Jean Valhardi détective (1943-51) ; Le château maudit (1953) ; Le rayon super - gamma (54) ; La machine à conquérir le monde (56) ; le soleil noir (58) ; Le gang du diamant (58) ; L'affaire Barnes (59) ; Le mauvais œil (60) ; Le secret de neptune (61) ; Rendez-vous sur le Yukon (63).

 



Pour plus de détails sur Jean Valhardi, se reporter aux fiches sur SeulementBD :

https://seulementbd.blogspot.com/2025/01/aventures-en-poldevie-jean-valhardi.html

 https://seulementbd.blogspot.com/search/label/Les%20Aventures%20de%20Jean%

20Valhardi%20-%20%20L%27Int%C3%A9grale


          * Félix est créé en 1949 par Maurice Tillieux chez Héroïc-Albums dont il devient un personnage vedette.

 

                    Les aventures de ce jeune détective à la tignasse rousse coiffé d'un béret noir mettent également en scène d'autres compagnons : d'abord Fil de Zinc qui fera ensuite place à un ex-représentant de commerce Hipofise Ballotin surnommé Allume-Gaz en réference aux articles qu'il vendait. Puis il y aura l'ancien inspecteur de police chilien Cabarez. Ce trio sera appelé à résoudre différentes énigmes policières.

 

                    C'est une préfiguration ou plutôt une ébauche du privé Gil Jourdan.

                    Amusants tout en développant de véritables intrigues policières ces récits conduisent vers l'âge adulte de la BD policière dont ils sont les premiers maillons de la chaîne.

                    Différents albums ont été réédités aux éditions Deligne (68 à 83) et chez Dupuis (81 à 87) : L'affaire des bijoux (81), Le tueur fantôme (86), Au pays du matin calme (86), La liste n°3 (89), La momie mène la danse (87).

          Plusieurs courtes aventures ont été réalisées par François Dimberton et publiés dans les 3 seuls numéros de la revue Félix Magazine (82)

                    Il faut noter qu'outre Félix et Gil Jourdan, Maurice Tillieux avait lancé quelques ballons d'essais notamment le reporter Marc Jaguar et l'agent du FBI Bob Slide dans la même veine humoristico-policière.

 

                    Les aventures de ces personnages figurent dans le recueil n° 3 de la série Tout Gil Jourdan publié chez Dupuis.

 

Pour plus de détails sur Félix, se reporter aux fiches sur SeulementBD :

https://seulementbd.blogspot.com/2022/03/felix-couleur-tomes-1-8-maurice.html

https://seulementbd.blogspot.com/2020/04/felix-integrale-01-07-maurice-tillieux.html

https://seulementbd.blogspot.com/2020/03/ange-signe-01-la-grotte-au-demon-vert.html


          * Monsieur Barelli créé par Bob de Moor en1950 dans le journal Tintin n' est pas un détective. C'est un acteur de théâtre très célèbre qui est entraîné dans des aventures comico- policières avec l'aide du journaliste Randor et du policier Moreau.

                    Le graphisme de Bob de Moor , qui travaillait aux studios dirigés par Hergé, est tout à fait dans le style de la ligne claire y compris l'album "Barelli et les agents secrets" assez contesté à ce sujet..

                    On compte 8 albums publiés aux éditions du Lombard et chez Bédescope :

L'énigmatique Mr Barelli (56), Barelli et les agents secrets (73), Barelli et le Bouddha boudant (74), Bonne mine à la mer (75), Barelli à Nusa Penida T.1&2 (1980), Le seigneur de Gonobutz (1980) et Barelli et la mort de Richard II (1980).

 

Pour plus de détails sur Barelli, se reporter aux fiches sur SeulementBD :

https://seulementbd.blogspot.com/2025/10/barelli-integrale-2-vols-compilation-de.html

* Blake et Mortimer (46).


          Avec ces deux personnages on se trouve en présence d'une réussite incontestable de la bande dessinée d'aventures à connotation policière dans le domaine francophone.

 

C'est un grand classique de l'école belge.

 

          Le professeur Philip Mortimer puis son compère Francis Blake, importante figure de l'Intelligence Service. ont été créés par Edgar Pierre Jacobs en 1946 dans le Journal de Tintin avec le premier épisode du Secret de l'Espadon dans lequel commence leur épopée.

 

          Ce fleuron de la ligne claire conte des aventures mêlant habilement intrigues policières, fantastique et science fiction. Au cours de celles-ci, les deux héros seront confrontés à un ennemi de taille : le redoutable Olrik, intelligent et malfaisant qui leur donnera du fil à retordre.

 

          Les 8 aventures réalisées par Edgar Jacobs constituent un cycle fort prisé des amateurs de bandes dessinées. Elles ont été rassemblées en 10 albums publiés aux éditions du Lombard :

 

Le secret de l'espadon (2 tomes en 50 et 53), Le mystère de la grande pyramide (2 tomes en 54 et 55), La marque jaune (56), L'énigme de l'Atlantide (57), SOS Météores (59), Le piège diabolique (62), L'affaire du collier (67) et Les 3 formules du professeur Sato (tome I - 77) . À cette liste s'ajoute le tome II des 3 formules du professeur Sato dessiné par Bob de Moor (90) et l'album marquant le retour des 2 personnages dessinés par Ted Benoit sur un scénario de de jean Van Hamme.

          Ils feront ensuite l'objet d'un album les montrant alors qu'ils ont vieilli , et il y aura aussi un pastiche en tirage limité du tome 2 des 3 formules intitulé Mormiter contre Mormiter.


Source :

www.bedetheque.com/BD-Blake-et-Mortimer-Tome-12-7663.html

www.bedetheque.com/BD-Blake-et-Mortimer-Divers-Tome-11Pir-Mormiter-contre-Mormiter-39328.html

                    * Pat Rac créé en 1952 par Erik, qui assure le dessin et le scénario, dans l'illustré Cœurs Vaillant.

                    Il s'agit d' un personnage-type de reporter-détective comme on les aimait à cette époque. Un tantinet dandy avec son nœud papillon et son imperméable bien ajusté, il évolue dans un décor très agréablement dessiné au milieu de personnages cocasses et de situations farfelues.

                    Cette série humoristique, qui offre une lecture plaisante et décontractée, a fait l'objet de deux albums très recherchés par les amateurs chez Fleurus en 1959 (Expérience 2A) et chez Horus (Pat Rac Reporter).

          * Lefranc est créé en 1952 par Jacques Martin qui au départ assure seul le scénario et le dessin avant de confier ce dernier à G. Chaillet à la fin des années 70.


                    Avec Lefranc, nous nous trouvons une fois de plus en présence d'un journaliste indépendant confronté lors de ses reportages avec de ténébreuses affaires criminelles. Comme c'était la règle au cours des années 50, il a à ses cotés un jeune compagnon surnommé Jeanjean qui lui sert de faire valoir.

                    Il doit affronter au cours de ses aventures un méchant parfaitement réussi : le redoutable aventurier criminel Axel Borg qui est un peu le similaire du colonel Olrik créé par Edgar Jacobs dans la série Blake et Mortimer... et bien sûr, il n'y a aucun personnage féminin significatif. Il faudra attendre ses dernières aventures (le médiocre vol du Spirit) pour voir apparaître une jeune femme.

                    Tout comme les aventures de Blake et Mortimer, celles de Lefranc forment un grand classique de la Bd d'expression française des années 50/60.

          Le dessin est exécuté dans le style de la ligne claire chère à Hergé. Les décors et les personnages sont plein de charme.

          Les scénarios sont variés et abordent des sujets contemporains : la spéculation immobilière (Le Repaire du loup et La Crypte), les piratages d'avions de ligne (L'oasis), l'environnement et la pollution (L’ouragan de feu), la puissance du monde financier (tentative de ruine d'un pays par l'introduction en masse de fausse monnaie (Opération Thor)).... sans oublier le fantastique et la science fiction (L’apocalypse). Le 13e album publié en 99 Le vol du Spirit présente par contre un scénario assez faible.

Les albums sont actuellement publiés chez Casterman.

 

Pour plus de détails sur le Lefranc, se reporter aux fiches sur SeulementBD :

https://seulementbd.blogspot.com/2021/11/alix-01-chevalier-ardent-01-comanche-01.html


          * Ginger a été créé en 1954 dans Héroïc-Albums par Jidéhem. La durée de vie de ses aventures, liée à celle de ce magazine, sera de courte durée.

          Dans la même lignée que Félix de M. Tillieux, Ginger est un enquêteur confronté à de multiples énigmes, souvent en marge du fantastique, qu'il doit résoudre.

          Ces aventures ont fait l'objet de 3 albums publiés par Bédescope : Les aventures de Ginger (intégrale des courts récits d'Héroïc-Albums) en 79, et les deux premiers longs épisodes publiés par ce magazine : Ginger et le collectionneur (84) et le baron est fou (80).

          En 1979 le personnage sera repris pour de nouvelles aventures dans les pages de Spirou avec l'apparition du personnage de la blonde Véraline. Plusieurs albums seront publiés chez Dupuis : Les yeux de feu (83), L'affaire Azinski (84), Les mouches de satan (85).

  


Nous félicitons notre collaborateur Christian pour ce projet d'envergure — fruit d'un important travail de recherche — qu'il nous présentera au fil de prochaines publications.

Publié par Monsieur Augustin

lundi 2 novembre 2026

Les Cases perdues vol. 06 Lucky Luke - Joe Fast (Int). Compilation de Voltaire57

 
Joe Fast est une série de récits complets parus à l’origine 
dans Lucky Luke. À la fermeture du journal la 9e et dernière
histoire fut publiée dans Pilote qui appartenait également 
à Dargaud. Deux albums furent édités en 1975 et jamais
ressortis depuis. Ces histoires policières mettent en 
scène un agent du FBI, Joe Fast, qui dans des enquêtes souvent
musclées décrivent en fait les Etats-Unis à leur pinacle.

De la fin de la guerre de Corée (1953) à la fin de la 
convertibilité de fait du dollar en or (1971)
 les Etats-Unis règnent réellement
sur le monde. Leur PIB représente grosso modo 40% du 
PIB mondial, leur soft power culturel s’exporte dans
 le monde entier au cinéma, en BD, en musique. 
L’american way of life devient la norme. 
Les entreprises mondiales découvrent le marketing et
leurs clients les centres commerciaux, les hypermarchés, etc. 
Sa jeunesse est souriante et bien éduquée, elle moissonne les
médailles à chaque jeux olympiques. Leurs universités, 
de fait celles de l’Ivy League et de Californie, font et 
défont les réputations.
Le pays semble en avance sur tous les autres. Il est l’un 
des premier à autoriser la pilule (autorisation 
sous condition dès 1960), à dépénaliser l’avortement
 (de jure en 1973), à officialiser un moratoire 
sur la peine de mort (1963), etc.

Quand on y regarde de plus près c’est tout cela qui 
transparaît dans maints détails des dessins de José Bielsa. 
C’est un vieux routier du groupe Dargaud. 
Il est déjà là en 1964 avec son
On le retrouve en 1965
avec Yves Malart puis ensuite toujours en récits complets
 sur des histoires des mythologies antiques et médiévales.

François Truchaud est le scénariste de cette série.
Chaque épisode va à l’essentiel sans trop de fioritures.
Il faut dire qu’avec une dizaine/douzaine de pages il
est difficile de s’étendre et de fouiller véritablement la
psychologie des personnages. Il ne faut pas lui en demander
plus que ce qu’elle peut offrir. Il s’agit d’une
série de complément comme pour un film de série B
dont on sait qu’il ne raflera pas les Oscars mais 
qu’on prend quand même plaisir à voir. 
Sont donc réunies ici l’intégralité des aventures.
Vous trouverez en bonus 4 histoires scénarisées par Truchaud.


Celui-ci était un traducteur spécialisé dans le fantastique, 
l’heroic fantasy, la SF et le policier. 
Vous ne serez donc pas étonné d’y retrouver des histoires 
à la tonalité fantastique et onirique
mais où pointe souvent une critique du comportement 
usuel de l’être humain. 
La chose est particulièrement sensible dans le
dernier récit.

Je vous laisse aux cases en cinémascope de Bielsa !




 

  

Série Les Cases perdues 

 Nous remercions Voltaire 57 pour ce magnifique album.


  Album nº694 réalisé par Voltaire57

Publié par Monsieur Augustin

dimanche 1 novembre 2026

La fille suédoise. Robin Wood & Carlos Vogt


Nous avions laissé Robin Wood et Carlos Vogt
il y a quelques mois en train de chercher
 à recruter une secrétaire
 (On recherche une secrétaire), nous les retrouvons 
aujourd'hui en quête d'une jeune fille au pair. 
Ils sont toujours en Italie et l'histoire s'inspire
 toujours  autant de la comédie sentimentale
 à l'américaine de l'entre-deux-guerres. 

Les couples se font ou semblent se faire, se défont 
ou semblent se défaire, et une légère ironie est 
toujours présente derrière les faux-semblants. 
Bon, cette fois-ci, il y a un peu plus de sentiment 
et un peu moins de comédie que dans le précédent 
opus, mais la paire Wood-Vogt sait toujours 
aussi bien y faire pour captiver l
e lecteur pendant 44 planches. 

Alors, très bonne lecture !
 (Texte: Lorenzo Flach)

La fille suédoise

La Muchacha Sueca 

Scénario :   Robin Wood

Dessins: Carlos Vogt

Episode 1 
Episodio 1 

Intervalo Todo Color N° 73, mai 1983  -  13 pages
Publication sur Columberos le 8/11/21

Episode 2 
Episodio 2

Intervalo Cinecolor N° 93, juin 1993  -  11 pages
Publication sur Columberos le  15/11/21

Episode 3 
Episodio 3 

Intervalo Todo Color N° 74, juillet 1993  -  10 pages
Publication sur Columberos le  22/11/21

Episode 4
Episodio 4

Intervalo Cinecolor N° 94, juillet 1993  -  10 pages
Publication sur Columberos le  15/11/21



Cette série, qui se compose de 4 chapitres et 44 pages, 
a été publiée dans les magazines D'artagnan 
par la maison d'édition argentine Columba, 
plus tard elle a été rassemblée et scannée pour 
le blog Columberos  par Christian
Lorenzo Flach nous présente une traduction très respectueuse de l'original, 
de grande qualité et un traitement des images exceptionnel.

Merci au blog argentin Columberos pour les facilités 
fournies, afin que cette traduction puisse être effectuée.


 L'original en espagnol peut être trouvé sur ce lien de Columberos:

Merci beaucoup Lorenzo Flach pour cet excellent album

Traduction de Columba n°49

Publié par Monsieur Augustin

samedi 31 octobre 2026

Halloween - doux cauchemars !! Lovecraft. Breccia & N. Buscaglia / Lovecraft. H. Lalia / Cauchemars croises (Lovecraft) Breccia & Lalia / The Twilight Man (V.O.) / The Pale Knight (V.O.) / Moonshine (V.O.) - Compilations de Voltaire57



C’est maintenant devenu une tradition depuis plusieurs années Seulement BD célèbre Halloween. 2026 n’échappera donc pas à la règle. Qui dit Halloween dit fantastique et/ou horreur. Si l’on devait demander à brûle-pourpoint quels sont les 3 grands écrivains du genre il y a de fortes chances qu’une majorité se dégage sur Edgar Allan Poe, H(oward) P(hilips) Lovecraft et Stephen King.

C’est évidemment très injuste envers tous les autres prosateurs, certains

au moins aussi talentueux, mais c’est ainsi.


Vous avez pu constater dernièrement avec Warren Goes Classic combien des auteurs comme Ambrose Bierce ou Nathaniel Hawthorne étaient en mesure de rivaliser avec l’écrivain de Baltimore. Vous allez maintenant mesurer et en français cette fois, combien Lovecraft est en mesure d’inspirer adaptateur et artistes.

Les familiers du site savent que SBD s’est fait en quelque sorte

le porte-parole de la BD argentine aussi avons-nous recruté pour l’occasion Alberto Breccia (1919-1993) et Horacio Lalia (1941).

C’est entendu, on ne se mouche pas du coude !



Le premier est le génial co-créateur de Mort Cinder dont le premier album, Les Yeux de Plomb, est simplement un des sommets de la BD fantastique mondiale. On parle ici de fantastique et pas d’horreur.

Certes il n’est pas facile de faire un distinguo entre les deux mais on dira que le fantastique suggère davantage qu’il ne montre. Dans une interview qu’il avait donnée à la fin des années 60 Christopher Lee disait que le cinéma fantastique américain de l’époque se trompait en mettant des monstres véritablement horrifiques. Dans le même temps le cinéma britannique aux budgets plus serrés jouait davantage sur le ressenti.


Résultat des courses lorsque le maquillage ou les effets spéciaux n’étaient pas parfaits les films américains n’offraient aucun intérêt alors que leurs cousins britanniques instillaient la peur. D’ailleurs il serait plus juste de parler de terreur. Dans les deux cas le lecteur, le spectateur ou la victime potentielle est en danger mais dans le premier c’est un danger qu’elle connait dans le second c’est l’inconnu. Prenons un exemple.

Vous êtes dans la rue vous entendez des coups de feu, c’est un attentat. Vous avez logiquement peur mais vous pensez, à tort

ou à raison, savoir éviter cette menace.

Vous vous endormez tranquillement dans la chambre d’un vieil

hôtel du Berry quand une main glacée vous réveille.

C’est le spectre du coin qui vient vous dire bonjour.

Gentil ou pas vous êtes terrorisé

comme un lapin pris dans les phares d’une voiture.



Revenons aux 9 nouvelles adaptées par Norberto Buscaglia et illustrées par Breccia. Celles-ci se sont échelonnées entre 1972 et 1979. Ce n’était donc pas à proprement parler la commande pour un album mais davantage une sorte de bonbon ou une respiration entre deux séries. Ce délai entre la première et dernière nouvelle permet de mesurer l’évolution du style de celui qui fut un incontestable grand maître.


C’est son élève Horacio Lalia qui nous propose comme adaptateur et dessinateur sa vision des textes du romancier de Providence. Nous en avons 18 sur un style flamboyant même si plus classique. Il était donc tentant de comparer les productions entre le mentor et son disciple sur les mêmes histoires ce que nous avons fait avec l’album Cauchemars Croisés.





Il eût été désagréable pour les anglophones du blog de se voir privés

de pareils effrois. Nous avons donc pensé à eux.



La Rochefoucauld disait que « Le soleil, ni la mort ne peuvent se regarder fixement. ». La mort sir Hugh de Grey l’a vue à l’œuvre pendant les 10 ans de guerre qu’il a menée contre le roi de France. Le voici de retour en Angleterre où la peste ravage le pays. Le chevalier est donc tenté de passer un accord avec la Mort. Peut on gagner avec la mort ?


Aussitôt on pense au 7e Sceau (1957) d’Ingmar Bergman,

où chaque partie d’échecs retarde l’échéance fatale.

Ce comics reprend quelques aspects d’ailleurs quelques aspects du film.



Sautons quelques siècles et un océan. Nous voilà aux Etats-Unis durant la Prohibition. Un mafieux est chargé par son patron d’aller négocier force litrons dans les Appalaches. Les producteurs du coin sont un peu frustres, de vrais péquenauds, mais ils font un bourbon de première.

Mais pas que ça d’ailleurs.



Vous avez désormais 600 pages bien tassées imaginées par Brian Azzarello, le papa de 101 Bullets, dessinées par Eduardo Risso, l’autre papa des mêmes bullets, et mis en couleurs par Christian Rossi.

Disons-le tout net, c’est une splendeur. Les deux Argentins nous livrent un plaisir visuel permanent. Outre la qualité des dessins, la fluidité des mises en page, l’originalité de maints angles de vue nous bénéficions de couleurs souvent originales mais collent parfaitement à la trame de l’histoire et renforcent son côté fantasmagorique.

Quittons les Appalaches mais restons aux Etats-Unis pour nous rapprocher un peu du temps présent.

Terminons par celui qui fut une sorte de Hitchcock mais quasiment uniquement tourné vers la télévision. On le connait peu

et mal en France mais il est considéré aux Etats-Unis comme

l’un des plus grands producteurs dans son domaine.



On doit en effet à Rod Serling (1924-1975) la célébrissime Quatrième Dimension/Twilight Zone (1959-1964), un des joyaux de la TV populaire américaine qui n’en manque pourtant pas.



Cet album Twilghtman n’a rien d’effrayant puisqu’évoque son parcours.

La seule horreur de sa vie fut sa disparition prématurée.

Il méritait bien ce coup de chapeau tant il a provoqué de

cauchemars de par le monde.

Pour ce qui est des cauchemars les autres albums ici présents

y pourvoiront largement.


En attendant M. Augustin et moi vous souhaitons de bonnes nuits !



Nous remercions Voltaire57 pour ces magnifiques albums 
virtuels et ce texte splendide qui les accompagne
 Nous souhaitons à tous de doux cauchemars👹.

    Albums nº 688 à nº 693 réalisés par Voltaire57

Publié par Monsieur Augustin

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