Lucky Luke fut une tentative de mensuel qui dura le temps de
12 numéros en 1974 et 1975. Prises individuellement les séries
n’étaient pas mauvaises mais l’ensemble n’avait pas
de corps; tout semblait plaqué.
Le rédactionnel tirait beaucoup vers le western, ce qui
était l’essence même du journal. On y trouvait de courts
récits de Lucky Luke, Mac Coy et Jonathan Cartland mais
aussi des séries dont on se demandait ce qu’elles v
enait faire ici comme Agar ou Tiriel.
S’agissait-il d’un magazine dédié au far-west ou
un contraire un journal d’humour ? On se posait la question,
le cul assis entre deux chaises.
On avait en effet fait appel aux vieux soutiers de Dargaud :
Jean Chakir et Martial.
Le premier livrait Bill Gloup et le second Pilule. Deux solides
artisans aux histoires charmantes mais qui pour le grand public
n’étaient pas des têtes de série. Pour doper l’ensemble on avait
inclus Tabary mais pas dans les aventures de l’infâme Iznogoud
mais celles de Valentin le Vagabond, qui malgré leur qualité
sont un net cran en dessous. Pire encore il s’agissait de récits
complets dont on se demandait si on les avait pas déjà lus
dans Pilote. Ce n’était pas le cas mais le fait qu’on
se posât la question posait justement question.
Le problème était identique avec la locomotive que devait être
Lucky Luke. Des récits complets qui ne sont pas la meilleure
formule du cavalier solitaire. Il est piquant de constater
qu’autant Goscinny était très à l’aise dans ses histoires de
44 planches d’Asterix ou Lucky Luke autant ses cours récit
s avec ces mêmes héros sont gentillets mais sans réel plus.
C’est d’autant plus curieux qu’il excelle dans le format court;
son Iznogoud ou ses Divagations de Mr Sait-tout et autres
Tromblon et Bottaclou sont là pour le prouver.
La leçon est qu’on ne fait pas un journal à succès avec des
formules ou des séries de complément. L’affaire n’a pas fait
long feu. Il s’agit d’une erreur marketing manifeste. Il fallait
en faire soit un journal d’humour, soit de western.
Cela aurait-il suffi ? Cela reste à voir mais au moins son
positionnement était clair, un produit de niche,
plutôt pour jeunes adultes. La présence de ‘posters’ de
Lucky Luke prouve là encore qu’on ne savait pas à quelle cible,
enfants ou adultes, le journal s’adressait. Certes il était
envisageable de créer un magazine multigenres mais
en ce cas, la soixantaine de pages dévolues au mensuel
était insuffisante. Circus, ses finances mieux assurées,
en proposait le double. Métal Hurlant et Fluide Glacial
bordurèrent assez rapidement la centaine
de pages, (À suivre) les dépassait même.
Le journal a disparu dans l’indifférence la plus complète
tout comme d’ailleurs Achille Talon Magazine dont le
positionnement était toutefois meilleur. Pourtant comme
vous allez pouvoir le constater plusieurs de ses séries
étaient plaisantes. Pas des locomotives certes mais
de jolies wagons restaurant dans lesquels il est plaisant
de se détendre. Pour vous le prouver nous y
avons même joint quelques planches venant de Hop !

Série Les Cases perdues
Nous remercions Voltaire 57 pour ce magnifique album.
Album nº685 réalisé par Voltaire57
Publié par Monsieur Augustin