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lundi 30 septembre 2024

Marc Mathieu. Intégrale 02 - 03 - Dominique Hé. Compilations de Voltaire57

 Les séries qui ont pour héros un archéologue sont rares dans la BD francophone. En fait on les compte même sur les doigts d’une seule main : Allan McBride, Ella Mahé, Le Tombeau d’Alexandre, Les Déesses et Marc Mathieu.

Si l’on examine les choses de plus près Le Tombeau d’Alexandre, très bonne adresse au demeurant, met davantage en avant des aventuriers que des archéologues, pour ce qui est des Déesses la série, pourtant prometteuse, n’a jamais été terminée.

Quant aux albums qui combinent archéologie et Grèce il y en a encore moins. Le Tombeau d’Alexandre se déroule en Egypte, ce qui est historiquement correct et les Déesses combinent deux histoires l’une liée aux fouilles, l’autre située à l’époque minoenne. Autant le dire tout net, cette Empreinte du Minotaure est le seul album –à ma connaissance, à combiner Grèce et archéologie –oublions La Malédiction des 30 De-niers pour lesquels ces aspects ne sont qu’épiphénomènes.

Il en va de même pour les Mayas. Si pas mal d’albums mettant en scène cette civilisation ont été publiés, cette Malédiction du dieu Chac est la seule 
dans le genre aventures archéologiques. 
On soulignera que cette histoire a le même ressort que L’Homme de Rio (1964),
 ce qui n’est pas la plus mauvaise adresse, loin de là.

C’est donc avec ce deuxième volume l’occasion de retrouver Marc Mathieu mais aussi Youssef, le gamin égyptien est devenu un jeune homme et le professeur Hébert.

Bons voyages !



On sait avec Baudelaire que les Paradis Artificiels (1860) peuvent faire bon ménage avec la poésie, mais c’est tout de même moins évident quand il s’agit de scénarios de BD.En tout cas Dominique Hé en apporte la preuve magistrale dans cet ultime volume des aventures de Marc Mathieu. 

Sous le Signe de Shiva était déjà un peu foutraque mais avec Le Retour de Tangata Manu on a la certitude, si tant est qu’on ait jamais eu un doute, que la sobriété dans l’écriture d’une histoire est le plus souvent préférable.On rétorquera que les célébrissimes Chants de Maldoror (1869) ne sont pas précisément un modèle de sobriété, certes mais il s’agit quand même d’un apax littéraire qui n’a dû sa notoriété qu’au surréalisme qui a découvert l’oeuvre un demi-siècle plus tard.

En ce qui concerne ces aventures de Marc Mathieu, il s’agit donc d’un enterrement de première classe sous hallucinogènes. C’est comme si Dominique Hé en avait eu assez de trimbaler ses héros de sites archéologiques en sites archéologiques. Encore que le suffixe « logique » n’a rien à faire dans ces histoires comme vous allez le voir bientôt.
Mais une intégrale est une intégrale, il était donc nécessaire de
 clore cette saga, fut-ce avec ces péripéties pour le moins bizarroïdes.
Bon courage !



Nous remercions Voltaire 57 pour ces magnifiques albums, 
parfaitement édités.

Lien:  .pdf    
  Albums nº 409-410 réalisé par Voltaire57

Publié par Monsieur Augustin

lundi 23 septembre 2024

Marc Mathieu. Intégrale 01. Le faucon de Mû - Dominique Hé. Compilation de Voltaire57


 On ne dira jamais assez combien Le Mystère de la Grande Pyramide de Jacobs est une oeuvre séminale. Ajoutez à cela une pincée d’archéologie fantastique héritée de la revue Planète et vous obtenez ces Faucons de Mû.

Nous sommes en 1980 et Dominique Hé (1949) travaille épisodiquement depuis 4 ans pour Métal Hurlant. Ce sont surtout des récits complets et une histoire à suivre, Les Aventures de Roland Donges. Cette première série avec l’archéologue Mac Mathieu comme héros est donc une date impor-tante pour l’auteur qu’on peut finalement considérer à l’époque comme un quasi débutant.

Un trait encore figé (1979)

Son dessin est encore raide et présente les mêmes limites que celles de Patrick Dumas à la même période (voir albums dans Bibliotheca Virtualis). Pourtant dans l’un comme l’autre cas on sent une pâte en devenir. Même chose pour le scénario qui recèle quelques clichés que le manque de virtuosité du dessin dissimule mal. Il manque ce petit quelque chose qui fait pourtant toute la différence.

A titre d’exemple prenons le cas des premiers Indiana Jones. Scénaristiquement ils ne sont pas plus aboutis qu’une bonne série B italienne d’aventures des années 60 et pourtant ils ont marqué le public. On expliquera que le marketing y est pour beaucoup. C’est vrai ! Pourtant les critiques d’alors se pâmaient devant ces toiles et n’avaient que mépris pour les obscures séries B de la Botte, même si les choses ont changé depuis. La puissance du marketing n’est donc qu’une fausse excuse facile. La vraie différence hollywoodienne se faisait sur la débauche de moyens et le second degré, le plus souvent suggéré. Les budgets n’étaient pas les mêmes à Cinecittá et le second degré, quand il existait, était davantage appuyé.

Il en va de même en BD, la beauté du dessin, la qualité de la mise en page, la saveur des dialogues font davantage glisser les facilités, les heureuses coïncidences dont les auteurs ont souvent ou parfois besoin selon leur talent et expérience.

Un trait aujourd’hui plus délié

Hé dans ce dyptique intègre Mû au thème égyptien. Pour faire simple Mû est le pendant dans le Pacifique de l’Atlantide. L’idée prend forme au XIXe siècle dans les thèses diffusionnistes d’Auguste Le Plongeon qu’Hélène Blavatsky reprendra un peu plus tard. Mais c’est James Churchward qui en fera son cheval de bataille.

Ce brave Anglais avait bourlingué à travers le monde, planteur de thé à Ceylan, industriel aux Etats-Unis et écrivain sur le tard. C’est à 75 ans qu’il écrit Le Continent Perdu de Mû (1926), à noter que les Français ont rajouté un accent circonflexe sur le U qui n’existe pas dans la version originale, sans doute pour donner plus de cachet ou de mystère à ce continent.

Churchward qui se faisait passer pour un ancien colonel de l’armée des Indes, ce qu’il n’a jamais été, expliquait qu’il avait eu la chance rencontrer un savant indien qui étais encore l’un des trois seuls hommes au monde à parler une langue très ancienne. Dans un pays qui faisait 250 millions d’habitants à l’époque, tomber sur l’un de ces trois rescapés c’est encore plus fort que de gagner le gros lot du lo-to. Toujours est-il que ce brave Indien fit lire à notre faux colonel d’anciennes tablettes, forcément sacrées, où il était question de ce merveilleux contient qui avait apporté toute la lumière au monde.

Qu’aucune de ces tablettes n’ait jamais retrouvée indique bien que les archéologues ne savent pas chercher ! De même que ses assertions géologiques, océanographiques et historiques soient en contradiction avec les découvertes scientifiques montrent que la chance, si exceptionnelle au départ, avait définitivement quitté notre prolifique et inventif auteur britannique.

Il existe ici et là quelques derniers adeptes de cette thèse farfelue qui se défendent avec la célèbre for-mule qui dit que l’absence de preuve n’est pas la preuve de l’absence. Il y a donc de courageux entêtés que ne se rendent jamais... même à l’évidence.

Les années 60 et 70 ont baigné dans ce substrat et Dominique Hé le reprend, sinon à son compte au moins dans le cadre de son récit mais assimile Mû avec l’Atlantide et pourquoi pas. Dans une oeuvre de pure fiction tout est possible et tout est permis.

Cette aventure de 68 planches sera éditée en deux albums en 1981. Nous avons gardé en bonus la dernière planche de premier tome qui invitait le lecteur à acheter le deuxième ainsi que les trois premières planches du second volume qui résumait les péripéties du premier.

Mais les aventures de Marc Mathieu n’étaient pas terminées pour autant..





Nous remercions Voltaire 57 pour ce magnifique album, 
parfaitement édité.

Lien:  .pdf    
  Album nº 406 réalisé par Voltaire57

Publié par Monsieur Augustin

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