Les comics de guerre sont finalement apparus assez tardivement, non pas qu’il n’existât pas ici et là quelques histoires
guerrières, mais finalement assez peu. Ainsi durant la Seconde Guerre Mondiale, il y a les bandes de Captain America
et de The Human Torch plus quelques histoires de Superman ou Batman et c’est à peu près tout, sans doute pour ne
pas inquiéter les enfants qui voyaient pères et oncles revêtir l’uniforme.
Pour les adultes, outre quelques nanars habituels dans ces cas là, on remarquera
surtout Terry et les Pirates qui était en prise directe avec l’actualité et
Male Call destiné aux G.I. C’est bien peu. La chose est d’autant plus curieuse
qu’au même moment les films de guerre pullulent, on recense ainsi environ
80 longs métrages américains tournés pendant le conflit.
En revanche dès le début de la guerre de Corée c’est l’explosion des comics
militaristes. Il s’agit 9 fois sur 10 de bandes outrageusement patriotardes.
C’est un schéma qui perdurera plus tard que ce soit avec Sergent Rock ou
Nick Fury même si le côté patriotique est légèrement édulcoré. Lors du conflit
coréen E.C. était resté dans le tempo de ses confrères mais dans un degré
moindre et restituait plus souvent l’horreur et la vacuité de la guerre.
C’est ce qui fait encore aujourd’hui l’intérêt de Frontline Combat par
exemple.
Toutefois c’est bien Blazing Combat, la publication Warren dirigée par ArchieGoodwin (1937-1998), qui est restée le sommet du genre. Le principe est
basé sur des récits relativement courts de 8 à 10 pages généralement dans
lesquels l’action n’est pas circonscrite aux seuls combats. On évoque aussi
selon les cas la peur, la souffrance, la camaraderie qui peuvent naitre dans
ces moments là. La violence n’intervient que pour ponctuer ces sentiments et souligner la monstruosité de la guerre. La plupart
des scénarios sont dus à Archie Goodwin et très franchement il n’y a rien à jeter. Quant aux dessinateurs rien que des
pointures : Gene Colan (1926-2011), Reed Crandall (1917-1982), Frank Frazetta (1928-2010), Russ Heath (1926-2018), Gray
Morrow (1934-2001), Joe Orlando (1927-1998), John Severin (1921-2012), Angelo Torres (1932), Alex Toth (1928-2006) Al Williamson
(1931-2010) et Wallace Wood (1927-1981). La plupart d’entre eux travaillaient déjà chez E.C.
Savage Tales reprend en 1985 la recette de Warren. Marvel lui donne le
même titre que sa revue des années 70, mais celle-là était axée sur l’heroic
fantasy alors que la nouvelle mouture sera essentiellement guerrière. L’ensemble
est d’une bonne tenue et aurait mérité plus que ses 8 numéros avec
là encore d’excellents dessinateurs. On retrouve par exemple John Severin,
Gray Morrow qui dessinera aussi Tarzan, John Buscema (1927-2002) l’un des
pères du Surfer d’Argent et celui qui mettra Conan au sommet . Dans la nouvelle
génération d’alors l’Espagnol Pepe Moreno (1954) est de première grandeur,
Michael Golden (1955) fera une jolie carrière s’occupant ensuite du
‘Nam et des Micronautes tout comme Paul Kirchner (1952) qui s’était fait
connaitre dans Epic...
Le texte se poursuit à l'intérieur du texte
Nous remercions Voltaire 57 pour ce magnifique album en V.O.,
parfaitement édité.
Album nº663 réalisé par Voltaire57
Publié par Monsieur Augustin







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