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dimanche 2 août 2026

The Spanish Main 08. Jaime Brocal at Warren's / The Spanish Main 09. Vicente Alcázar at Warren's - Compilations de Voltaire57 (V.O.)



 Comme on ne peut pas être au four et au moulin 
Jaime Brocal Remohi (1936-2002) a peu travaillé pour
Warren Publishing. On le connait en France surtout pour 
ses albums d’heroic fantasy, Taar en tête. C’est
assez réducteur mais pas complètement faux. 
L’une des caractéristiques de ses héros de fantasy est
d’être hyper bodybuildé au point qu’à côté le Conan de 
John Buscema passerait presque pour un gringalet.

Pourtant dans sa carrière ce Valencien d’origine a beaucoup produit, 
essentiellement d’ailleurs pour les petits
formats longtemps ostracisés par rapport aux albums; qui plus est à 
une époque où la bande dessinée était considérée
comme une sous culture et encore le mot culture était même de trop.

Il débute comme professionnel de la BD à 18 ans, Valence est 
alors un gros centre d’éditeurs BD avec Editorial Maga 
et Editorial Valenciana. C’est là qu’il jette ses premières
 armes avant de rejoindre quelques années plus
tard Selecciones Ilustradas. Ses premiers dessins
sont tournés vers la petite enfance comme El Burrito
Envidioso nn(1956) ou quelques bandes
d’aventures tels les westerns.

En 1958 le film Les Vikings sort et devient un succès
mondial. À l’époque la diffusion des films est
plus lente. À titre d’exemple il sort aux Etats-Unis
fin juin mais fin décembre en France, ne serait-ce
que pour des raisons de doublage. Enfin il existe
un premier circuit de distribution dit d’exclusivité
suivi d’un second dit de deuxième exclusivité et en
fin un troisième réservé aux petits cinéma de quartier.
Tout ceci pour dire que si un succès inspire
des imitations celles-ci ont alors un peu de retard à
l’allumage par rapport à notre monde actuel.


C’est donc en 1960 que surfant sur la vague viking Brocal 
créé Katan pour le marché anglais repris presque aussitôt
 en Espagne et plus tardivement (1967-1970) en France par Aredit. 
Il est vrai qu’entre temps Imperia avait passé 
commande à Selecciones Ilustradas
d’une autre série viking : Ögan. Mariano Hispano et
 Jaime Brocal sont chargés de créer le personnage qui 
connaîtra une centaine de numéros. Ögan est donc un viking, 
commande française
imaginée par des Espagnols et qui sera publiée 
dans toute l’Europe ou presque !

Pendant toutes ces années Brocal va surtout travailler pour la
presse anglaise. Il a par exemple dessiné nombre d’histoires de Janus
Stark (1969) mais d’une manière générale tous les genres y
passent : guerre, westerns, aventures...
[Le texte se poursuit à l'intérieur du texte]





De prime abord il pourrait paraître un peu culotté d’intégrer 
Vicente Alcázar (1944) dans cette collection
car finalement il n’a ni beaucoup travaillé avec Warren 
ni avec vraiment Toutain. Tout ceci mérite donc
quelques explications.

Si dans sa chanson J’me voyais déjà Charles Azanavour 
quitte sa province à 18 ans c’est à 17 qu’Alcazar
quitte l’Espagne et son Ecole Militaire pour Londres. 
Là il suit des cours pendant un an à la Sir John Cass School
of Arts and Crafts. Il y rencontre Carlos Pino (1940) avec 
qui il collaborera ensuite sous le nom commun de Carvic.


Mais Vicente a la bougeotte et abandonne ses études 
pour se balader un peu partout
en Europe où il survit grâce à des petits boulots : 
le très classique plongeur
mais le beaucoup moins tapissier dans une
 entreprise néerlandaise, traducteur
pour un importateur londonien d’oranges, etc. 
Une annonce de Fleetway cherchant
des dessinateurs retient son attention. Il envoie 
un mini dossier qui lui permet
d’obtenir un rendez-vous avec un responsable, 
mais laissons le parler :
« Après l’entretien avec le rédacteur en chef à Londres, 
je l'ai convaincu de me confier
un scénario. Lorsque j'ai envoyé le travail terminé, 
j'ai eu la satisfaction de recevoir
un gros chèque… et un autre scénario. Je me suis alors 
dit que je pourrais faire ça
toute ma vie, car non seulement je m'amusais beaucoup, 
mais en plus j'étais très bien
payé. » Voilà commence une vocation !


Fleetway lui passe régulièrement des commandes, pour 
autant le duo conclut un
accord avec Temple Arts Agency qui les amène à fournir 
des histoires pour de
nombreuses autres revues britanniques. Ils travaillent
 même avec l’Espagne pour
Chio, un journal pour enfants. En 1969 nouveau départ, 
pour les Etats-Unis cette
fois, tandis que Carlos reste à Londres 
où il fera toute sa carrière...
[Le texte se poursuit à l'intérieur du texte]



 


Nous remercions Voltaire 57 pour ces magnifiques albums en V.O., 
parfaitement édité.

  Albums nº660-nº661 réalisés par Voltaire57

Publié par Monsieur Augustin

dimanche 26 juillet 2026

The Spanish Main 06. Esteban Maroto at Warren's / The Spanish Main 07. Fernando Fernandez at Warren's (1971-1983) - Compilations de Voltaire57 (V.O.)


Né en 1942 Esteban Maroto est un des stakhanovistes de la BD. 
Après José Ortiz, il est le dessinateur qui
a le plus contribué aux revues Warren. Malgré ses
 plus de 500 planches, ce recueil n’est qu’une partie, la
plus grosse quand même, envers l’éditeur américain. 
C’est ce même Esteban à qui nous devons le fameux
costume de Red Sonja, un deux pièces en cote de mailles, 
c’est lui aussi qui a relooké Zatanna.
Bref, vous l’avez deviné il aime dessiner de jolies femmes. 
Grâce lui soit rendue !

Mais avant cela il a dû faire ses gammes comme tout le monde. 
Il débute en 1955, faites le compte, il a à peine 13
ans et doit sans doute encore porter des culottes courtes. 
Nous sommes en Espagne franquiste, les stigmates de
la guerre civile sont encore présents et l’opulence n’est 
guère de mise. Alors qu’au même moment les petits
Français vont au collège, des petits Espagnols se mettent
 à travailler. Pour notre futur vedette, le travail s’appelle
l’atelier de Manuel López Blanco (1924-1992), il y dessine 
des croquis et des décors. Là en 1958 il va rencontrer
un autre jeune, un peu plus âgé que lui, Carlos Gimenez (1941), 
le génial créateur des chefs d’oeuvre que sont
Paracuellos et Barrio; ils deviendront des amis pour la vie.

On retrouve nos deux compères avec un troisième larron
 Adolfo Usero (1941), madrilène également qu’on connait
mieux sous le nom d’Adolfo Abellán. Si les deux premiers 
travaillent pour l’agence Maga, rien à voir avec qui
vous savez, ce dernier commence à travailler pour 
Selecciones Ilustradas dès 1963. Mais dans les deux cas de
figure ils travaillent tous pour la presse BD britannique
 sur des titres de séries romantiques, de guerre ou de western
comme Buck John par exemple.



C’est à cette école qu’il va perfectionner son style. Comme on
peut le voir sur le dessin ci-contre, dans beaucoup de productions
destinées au petits formats, les décors et les ombrages sont réduits
à leur plus simple expression, ce qui n’empêche pas un dessin
de qualité. On reste toutefois loin de ce q’il pourra faire par la
suite. On voit dans nos exemples; plus bas ou sur la page ci-contre
que le travail sur les tramés ou les ombres est bien plus accompli
En revanche cet apprentissage lui a appris à travailler
vite. Vite et bien.
Parfois tout de même il profite de récits à connotation 
plus psychédélique
ou onirique pour relâcher son dessin et la qualité 
s’en fait un peu sentir... 
[Le texte se poursuit à l'intérieur du texte]



Encore un grand bonhomme de Selecciones Ilustradas, 
c’est d’ailleurs à se demander s’il n’y en eût jamais
de petits : Fernando Fernandez (1940-2010). 
En fait son nom complet est Fernando Fernández Sánchez.
Comme il y autant d’Espagnols qui s’appellent Sánchez 
que de Français qui s’appellent Martin il est plus
simple de s’arrêter à Fernandez. Vous me direz qu’il 
ne doit pas y avoir beaucoup moins de Fernandez que
de Sanchez et vous n’aurez sans doute pas tort, mais
 là n’est pas la question.
Certes, avoir son prénom comme son nom sonne un peu
 ridicule, comme si un
Français s’appelait Jean Jean ou Pierre Pierrot, 
mais La Fontaine nous l’a dit : il ne
fait pas juger les gens sur leur mine, dans notr
e cas ici leur patronyme. Car Fernando
Fernandez est un artiste complet et un grand.



Dessinateur, illustrateur, coloriste, le plus souvent 
en couleurs directes, scénariste,
rien ne lui manque. Des 11 histoires présentées ici, 
9 sont dues à son talent
d’écriture. Elles partent d’un quotidien banal pour une 
fin qui l’est moins.


Comme ses collègues de S.I. Arts, il entame tôt 
sa vie active; dans l’Espagne franquiste
des années 50 on ne lambine pas ! 
C’est en effet à 13 ans qu’il commence à
travailler dans un laboratoire pharmaceutique. 
Mais l’enfant qu’il est encore préfère
dessiner et il le fait plutôt bien. Il
réussit à placer quelques courtes BD ici
et là et en 1956 il cogne à la porte de
Josep Toutain, barcelonais comme lui. D’abord comme encreur puis
en dessinant des bandes sentimentales destinées au marché britannique
mais aussi une bande de science-fiction pour Artima,: Ray Comet.



Tout en poursuivant sa collaboration avec S.I. Arts Fernando file en
1958 en Argentine mais les heures florissantes du marché local sont
passées, la récession est là et pas mal d’artistes, à commencer par
Hugo Pratt ont quitté ou vont quitter le pays. Début 1960 Fernando
est de retour à Barcelone et continue de livrer des planches de guerre
pour les revues anglaises.

Au milieu des années 60 il commence également une carrière de
peintre, puis en 1970 il lance avec succès une BD quotidienne,
La Mosca (La Mouche), qu’il abandonne en 1973.
 C’est à cette même date qu’il travaille pour Warren. 
En 1980 avec Nicola Cuti au scénario
 il crée une série de SF, Zora et les Hibernautes
puis en 1982 il attaque, seul cette fois, Dracula
(ces deux albums sont disponibles en français
 dans Bibliotheca Virtualis).


Sur avis médical il ralentit sa production au point de ne se consacrer presque exclusivement qu’à la peinture, devient
un portraitiste renommé et enseigne son art.

Mais trêve de bavardage il est temps de profiter de son talent !

 


Nous remercions Voltaire 57 pour ces magnifiques albums en V.O., 
parfaitement édité.

  Albums nº657-nº658 réalisés par Voltaire57

Publié par Monsieur Augustin

dimanche 19 juillet 2026

The Spanish Main 04. Félix Mas at Warren's / The Spanish Main 05. Martín Salvador at Warren's (1971-1983) - Compilations de Voltaire57 (V.O.)

 

Formé à la Real Academia Catalana de Bellas Artes de San Jorge,
 Félix Mas (1934-2024), Barcelonais pure
souche, a finalement très peu travaillé pour Warren Publishing.
 En tout et pour tout 17 histoires dont certaines
seront reprises dans la version espagnole de Creepy 
ou dans Dossier Negro, deux revues du groupe Toutain.


Pour lui il se s’agit que d’un travail purement
alimentaire, son goût sa formation le poussent
vers la peinture, tout simplement. Il commence
d’ailleurs à exposer d’abord à Barcelone puis
dans toute l’Europe. En 1974 il quitte l’Espagne
et la BD pour le Venezuela où il reste 5 ans. Ses
oeuvres sont bien sûr exhibées dans le pays
mais surtout aussi aux Etats-Unis où d’ailleurs il
s’installe en Floride.

Ses toiles représentent fréquemment de belles
jeunes femmes, il faut dire que de la fin des
années 50 jusqu’à celle des années 60, il a gagné
sa vie en dessinant des aventures sentimentales
pour la presse BD britannique, alors
gros client de Selecciones Ilustradas
Il continuera d’ailleurs dans ce registre dans
 les années 70 et 80 en dessinant
cette fois les couvertures de romans d’amour.

Si le cœur vous en dit –et votre portefeuille le permet, 
on trouve plusieurs de ses tableaux aux enchères pour
moins de 1.000 $ mais dans certains cas 
il faudra multiplier la somme par 10.


Josep Toutain (1930-1997) avait le chic pour dénicher de
 talentueux dessinateurs. Ils pouvaient être autodidactes
comme Auraleon ou venir d’une des meilleures écoles d’art
 du pays comme Félix Mas, seule leur
qualité de dessin et plus particulièrement leur maîtrise 
du noir et blanc importait.
On l’a oublié mais jusqu’au milieu des années 60 
la couleur était un luxe dans les revues de BD. Ce privilège
n’était accordé qu’à quelques séries vedettes comme
 Tintin ou Spirou. Même un journal comme Eagle, la
success story de la presse BD britannique 
qui alors dominait 
l’Europe, comportait des pages en noir et blanc. La
maitrise des ombres et des tramés apportait donc
 aux dessins un plus incontestable.


Martin Salvador (1935-2021) répondait à ces critères. Tout en
faisant des études à l’école de céramique de Moncloa, ce Madrilène
entre dans l’univers des TBOs en 1953. Il commence à faire
quelques retouches et quelques encrages pour la série F.B.I.
C’est d’ailleurs à cette occasion qu’il rencontre Luis Bermejo
(1961-2015) qui sera plus tard comme lui membre de l’écurie
Toutain. Pendant quelques années il va animer des séries
comme Mendoza Colt. C’est à la fin des années 50 qu’il entre
chez Selecciones Ilustradas.


Son style, classique, académique pourrait-on dire, ne cadre pas
du tout avec celui des jeunes pousses de l’agence mais il est précis,
net et très élégant. Comme ses collègues il va essentiellement
travailler pour la presse BD britannique. C’est à l’époque
financièrement la plus puissante d’Europe, elle paie les planches
5 fois plus cher que la France qui elle-même les paie bien plus
que les revues espagnoles.

On retrouve donc ses dessins chez Fleetway notamment 
dans Kit Carson et Dick Daring qu’on connait en France
sous le titre de Jim Canada. Son nom apparait dans 
les revues Warren dès 1972 et ne les quittera plus. C’est l’un
de ceux qui fournira le plus d’histoires. Son style n’est pas sans rappeler celui de DC des années 50, celui des Russ Heath,
 Bruno Premiani et autres Win Mortimer pour ne citer que
 ceux-là. Inutile de dire que pour une partie du
lectorat américain des années 70 les dessins de Salvador 
avaient le goût suave du vintage.

Précisions toutefois que ses dessins étaient sans doute encore meilleurs. C’est d’ailleurs assez étonnant de constater
que malgré l’énorme production des artistes de S.I. Arts
 la qualité servie a rarement souffert, en tout cas
jamais pour Salvador.

Comme d’autres de ses collègues il terminera sa carrière comme peintre, en délaissant cette fois le noir et blanc !




Nous remercions Voltaire 57 pour ces magnifiques albums en V.O., 
parfaitement édité.

  Albums nº654-nº655 réalisés par Voltaire57

Publié par Monsieur Augustin

dimanche 28 juin 2026

The Spanish Main 02. Luis Bermejo at Warren's / The Spanish Main 03. José M. Beà at Warren's (1971-1983) - Compilations de Voltaire57 (V.O.)



N é à Madrid Luis Bermejo (1931-2015) débute dans 
la BD à 15 ans à peine comme assistant 
chez Manuel Gago à Albacete. 
L’apprenti étant doué son mentor lui laisse les rênes du
 Rey del Mar dès 1948. 
Décidé à parfaire sa formation Luis file à Madrid 
à l’Ecole des Beaux-Arts de San Fernando et se fait recruter
par les éditions Rollan pour lesquelles 
il travaillera sur la série vedette F.B.I.


À la fin des années 50 il se tourne vers Bardon
Art, une agence graphique barcelonaise qui travaille
beaucoup pour la presse BD britannique.
Outre des petits formats comme Dick Daring on
retrouve son nom chez Eagle et Boy’s World, revues
équivalentes à Pilote. Pour la première il
réalisera en partie ce qui est son magnum opus,
Heros the Spartan, pour la seconde une superbe
série d’aventures, Pike Mason (les deux intégrales
sont disponibles chez Bibliotheca Virtualis). Pour
Look and Learn il illustre nombre de contes ou
d’épisodes historiques.

C’est donc un auteur complet que la France dans
sa superbe a stupidement ignoré, nouvelle
preuve de l’entre soi de bien des éditeurs hexagonaux.
Nous aurions pu nous rattraper avec
son adaptation en 3 tomes du Seigneur des Anneaux,
sinon après son immédiate parution en
Espagne (1979) au moins lors de la sortie des
films de Peter Jackson (2001-2003), mais non
rien n’y fait. Pour Warren, Bermejo a dessinéenviron 
80 histoires, cet album en présente 50 dont la dernière qui
est une adaptation d’un roman de Van Vogt. 



Cette histoire fait inévitablement penser au film 
Alien qui venait de sortir et était une énorme succès. 
En fait le roman de l’écrivain était bien plus copieux 
et ce qui est traduit ici en
BD n’est qu’une partie du livre.
Vous voici maintenant devant plus de 300 planches 
à gravir. Une montagne de plaisir !




Catalan, José Maria Beá (1942) entre chez 
Selecciones Ilustradas à 15 ans à peine. C’est là qu’il apprend
les bases du métier de dessinateur et commence à livrer 
des histoires pour la presse britannique. Pourtant
en 1962 il file sur Paris comptant devenir peintre. 
Retour à Barcelone 8 ans plus tard où Toutain, le
patron de l’agence, lui ouvre de nouveau la porte et les bras.

C’est ainsi qu’il commence à travailler pour Warren Publishing
Comme la plupart des collaborateurs de l’agence
à l’époque, il ne parle pas l’anglais d’où parfois 
quelques loupés. Ainsi il écrit Pharoah au lieu de Pharaoh. 
Que celui qui n’a jamais fauté lui jette la première gomme ! 
Mais sur un titre, comme c’est le cas dans cet exemple,
c’est difficilement rattrapable.

Ceci nous permet d’expliquer comment les choses se déroulaient. 
Warren commandait des scénarios à des auteurs
nord-américains, essentiellement parce que ceux étaient de 
fait imprégnés de la même culture et des
mêmes référents que la cible visée. À titre d’exemple The
Red Badge of Terror était une allusion directe au Red
Badge of Honor/La Conquête du Courage (1895) de Stephen
Crane considéré aujourd’hui comme l’une des
pièces maitresses de la littérature américaine.


Toutain qui ne parlait pas davantage l’anglais faisait traduire
les histoires et ses artistes se chargeaient des dessins,
mises en pages et lettrages. Les textes étaient revérifiés
à New York et tout partait ensuite à l’impression.
Avec le temps le climat de confiance purement business
entre les deux maisons s’approfondit pour devenir une
confiance également culturelle. Si les scénaristes américains
seront toujours largement les plus nombreux, on
voit poindre quelques noms espagnols. Víctor de La
Fuente sera notamment présent avec ses séries Haxtur
puis Haggart. Josep Toutain fournira aussi plusieurs
courts récits.
Mais finalement c’est sans doute José Beá qui, parmi les
hispanophones, en écrira le plus. Huit des 26 nouvelles de
ce recueil sont signées de sa main. À cela il faudrait rajouter
sa série de Peter Hypnos (voir album en anglais dans
Bibliotheca Virtualis), assez déroutante pour l’époque.


Warren fit néanmoins trois essais qui furent massivement
rejetés par le public américain bien qu’elle continuât
dans son pays d’origine. 
Beá poursuivra d’ailleurs cette activité de scénariste 
(voir album en français dans Bibliotheca Virtualis).


Ajoutons que si pendant un certain temps l’artiste barcelonais
 avait plus ou moins adopté le style graphique maison
il s’en éloignera pour une ligne beaucoup plus personnelle
Voici donc une étape fort originale dans ce parcours du Spanish Main.




Nous remercions Voltaire 57 pour ces magnifiques albums en V.O., 
parfaitement édité.

  Albums nº648-nº649 réalisés par Voltaire57

Publié par Monsieur Augustin

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