On doit à François Truchaud (1941-2020) quelques grands moments de bonheur car c’était non seulement un excellent traducteur mais en plus il empruntait des voies que ses confrères ne prenaient guère. C’est par exemple à lui que l’on doit des traductions de Conan mais aussi des aventures de Carnacki, de certains romans de Robert Bloch, de Graham Masterton, Dennis Wheatley, bref de tout un tas de gens qui faisaient partie de ce qu’on appelait alors la paralittéra-ture, c’est-à-dire celle qui n’avait pas suffisamment de quartiers de noblesse aux yeux des critiques. Mais aujourd’hui à une époque où on lit de moins en moins on reconnait que ces auteurs avaient du style et que Truchaud les servaient on ne peut mieux.
Ce que l’on sait moins c’est que François Truchaud était aussi un auteur de BD. Certes elles ne sont guère abondantes mais ne sont pas insignifiantes. On compte en tout et pour tout une adaptation de 20.000 lieues sous les mers parues en 1975, une série pour enfants parue dans Télé Junior, La Vallée des Dinosaures (1979), et deux séries policières Joe Fast et Les Mystères de Chinatown.
Ceux-ci sont parus dans le Nouveau Tintin entre 1975 et 1978 d’abord sous la forme de 10 récits complets et d’une histoire à suivre. L’album n’a été publié qu’en 2011 par une maison confidentielle, Les Éditions du Taupinambour, avec une diffusion qui l’était encore plus puisque l’on parle de 50 exemplaires. Rajoutez à cela une demi-douzaine de récits complets parus essentiellement dans Pilote et vous avez l’intégralité de la production de Truchaud en la matière.
En fait on voit davantage son nom dans les rédactionnels de Pilote bien sûr et aussi de Métal Hurlant. On donne en fin de volume un exemple de ces articles paru dans Charlie. Il y explique ce qu’est l’heroic fantasy à un public français qui commençait réellement à découvrir le genre.
Ses Mystères de Chinatown bénéficient des dessins d’Antonio Parras (1929-2010). S’il est un grand dessinateur il est un encore plus grand metteur en scène. On le voit particulièrement dans ces aventures où chaque planche est construite de façon originale tout en gardant une visibilité par-faite. L’artiste, finalement assez peu connu, méritait un large coup de chapeau c’est pourquoi nous avons aussi intégré son interview dans Hop !
Elle est passionnante car elle dévoile l’homme, son parcours pas toujours facile, les difficultés du métier et ses rencontres dans les années 50 avec Goscinny et Charlier.
Pour ceux qui apprécie son style de dessin rappelons que les intégrales du Méridien des Brumes et de Ian Mc Donald sont disponible dans Bibliotheca Virtualis. Pour autant ce n’est qu’une toute petite partie de son travail tant il a produit et encore à cela il faut rajouter ses nombreuses illustrations dont Charlier était si friand.
En piste !








