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lundi 24 août 2026

Capitaine Sabre (Intégrale)1983-1989. Compilation de Voltaire57



 Oui n’a jamais rêvé de l’Asie mystérieuse en lisant les romans
 de Conrad ou la Voie Royale de Malraux ? Nous sommes en
d’autres lieux à une autre époque et la Terra Incognita 
des atlas disparaît un peu plus chaque année. Un siècle plus tard
ce parfum d’aventure s’est à jamais évanoui.


Pourtant Gine (1947) a la gentillesse de nous restituer tout ça en
images et en couleurs dans son Capitaine Sabre (1980-1988/albums
1983-1989). Cette saga commence au début des années 30 dans ce qui
s’appelait encore le Siam. Un capitaine de marine croupit en prison
quand un père blanc le fait libérer et lui demande de l’emmener chez
les Takhotaks (sic), une tribu d’indigènes belliqueux le long du fleuve
Nam Ping. Commence alors une suite d’aventures qui vont se poursuivre
sur 7 albums et entraîner ce fameux capitaine et son
second Samu dans la mer de Chine, celle de Florès, le golfe
du Tonkin et quelques autres coins réels ou fictifs comme le
Bhaïlam, sorte de Laos birmano-siamois.


La série n’est pourtant à son départ qu’une série de complément
qui parait en récits complets d’une demi-douzaine de
planches. Il s’agit alors d’une simple bande d’aventure de la
part d’un auteur qui aborde le genre réaliste. C’est honnête et
enlevé mais sans plus.
La saga commence à prendre du volume à compter
 de la cinquième histoire et la chose
ira en s’amplifiant. À compter du Cargo de sang 
on donne même dans l’excellent.


Il est vrai que Gine s’il continue les récits complets va les 
intégrer dans un fil rouge ce qui
donne assez vite l’impression de chapitres et non la suite
 d’histoires solos. D’ailleurs on
va retrouver au fil des épisodes quelques trognes comme
 Hoog van Koog et surtout Jorge
Campos. Avec celui-là ils sont parfois opposés, 
parfois alliés mais toujours rivaux. Et dans
cette galerie comment oublier miss Visage.

De même on quitte assez vite l’aventure pure pour donner 
davantage de profondeur au récit.
 À ce titre Le clandestin et La nuit du guerrier sont
 de bons exemples. L’autre intérêt de cette saga est de nous resituer
dans l’histoire. Époque troublée au demeurant : guerre en Chine, 
seigneurs de la guerre et brigands, troubles coloniaux, etc.
 De plus Gine nous entraîne vers des contrées peu
 fréquentées en BD, outre la Chine
on mouille souvent l’ancre à Bornéo, dans les Célèbes, etc.


Sur son rafiot le Santa Cruz II Gilbert Sabre balade 
donc ses clients, au
gré de leur fantaisie, dans cette Asie
coloniale remplie de pirates, trafiquants
ou rebelles. Ce bateau il lui arrive
de le perdre, d’en piloter un autre
selon les vicissitudes du moment. Officiellement
garantes du bon droit les
autorités coloniales ne sont pas non plus toujours 
conciliantes avec le marin...
(Le texte se poursuit à l'intérieur de l'album)




 Nous remercions Voltaire 57 pour ce magnifique album.


  Album nº668 réalisé par Voltaire57

Publié par Monsieur Augustin



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