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dimanche 15 mars 2026

The Wild Wild West (1966-1969) Complete Series - Compilation de Voltaire57 (V.O.)


 Aujourd’hui 007 est un personnage établi mais ce n’était guère le cas en 1962 quand sortit James Bond contre Dr No. Le film avait couté environ un million de dollars et en rapporta presque 60, une somme colossale à l’époque. Un peu moins de 4,8 millions de Français se précipitèrent pour une auscultation de ce fameux docteur. Le succès planétaire entraina coup sur coup trois autres films Bons Baisers de Russie (1963), 5,6 millions de spectateurs en France, Goldfinger (1964); 6,7 millions d’entrées dans l’hexagone et Opération Tonnerre (1964), 5,8 millions.

La Bondmania avait saisi le monde d’où de multiples imitations et i
névitablement de séries TV. NBC fut sans doute la première à dégainer 
dès 1964 avec Des Agents Très Spéciaux qui reprenait le côté serial 
des grands méchants en y incluant moult gadgets. CBS ne 
pouvait laisser ce champ libre à sa concurrente et lança 
en 1965 Les Mystères de l’Ouest.


La recette est la même : de méchants mégalomanes ou des savants fous qui ont souvent, sinon toujours la gentillesse, d’expliquer au héros, en l’occurrence James West, ce qui va se passer. Mais c’est sans compter sur son acolyte, Artemus Gordon qui grâce à son intelligence et ses ingénieuses inventions 
va retourner la situation.

Outre son côté scientifique Artemus est également un as du déguisement et il n’est pas interdit de penser qu’il a inspiré le personnage que Martin Landau interprète dans Mission Impossible (1966-1973).


L’originalité de la série vient du fait, selon l’aveu même des producteurs, qu’il s’agit d’un « James Bond à cheval ». L’action se déroule dans l’ouest américain sous la présidence d’Ulysse Gordon (1869-1877) dont il est fréquemment question et qu’on voit même apparaître dans un épisode. À l’époque le western est un genre populaire tant au cinéma qu’à la TV américaine puisque plus de 120 séries seront tournées dans les années 50 et 60.

Mais ces Mystères là se distinguent des autres par de multiples fantaisies. L’humour d’abord car la série ne se prend pas au sérieux. L’action est presque toujours décalée par rapport à la réalité du Far West : palais hindou, soucoupe volante, fantômes, kraken, etc. Ces éléments apportent une touche d’incongruité exotique à laquelle il faut rajouter une ambiance vernienne avec des machineries qui n’existent pas à l’époque. Ainsi il est fait allusion dans un épisode au kinetoscope qui ne sera inventé qu’une dizaine d’années plus tard (1888) mais qui est de fait un cinématographe (1895), etc. Ce léger parfum steampunk, couplé avec les multiples gadgets, le caractère fantasque des histoires et la pointe d’hu-mour en font un succès. Toutes choses égales par ailleurs on peut dire que ce tandem fait penser à celui de Chapeau Melon et Bottes de Cuir qui vivent des aventures aussi farfelues.

Ceci permet d’effacer un peu le caractère prévisible et répétitif des histoires et le côté un peu désuet des décors. D’ailleurs pour renforcer le côté fantaisiste de ces aventures le titre initial Wild West (Ouest Sauvage) fut changé en Wild Wild West !

Western Publishing avait claqué la porte d’avec Dell Comics en 1962, emportant avec elle un certain nombre de droits TV. On a du mal à imaginer la puissance de cette association qui fit des deux larrons le plus puissant et le plus rentable des éditeurs de comics dans les années 40 et 50. Ce divorce ne profitera à personne puisque Dell Comics disparaîtra en 1973 et Gold Key la nouvelle émanation de Western Publishing en 1984 mais après s’être traînée une dizaine d’années.

La politique de Gold Key était d’acheter les droits des séries TV, cartoons compris. Il était donc assez naturel que ce duo d’agents secrets fassent un tour chez cet éditeur.

Curieux tour en fait, car ponctué de seulement 7 numéros alors
 que la série était fort populaire. Plus surprenant encore les deux premiers numéros sortent en 1966 puis rien en 1967, un troisième épisode en mars 1968. Il faut attendre septembre pour voir le n°4 publié puis enfin les trois derniers de ma-nière erratique en 1969. Il y a mieux pour fidéliser un lectorat !

Qui plus est Leo Dorfman (1914-1974) qui signe toutes les histoires n’est pas le scénariste du siècle. Ses histoires restent assez convenues, sans la touche d’humour du feuilleton. Il fait même preuve de mauvais goût alors que les 104 épisodes de la série commencent tous par The Night of, Dorfman ne reprend la formule que deux fois sur sept. Comprenne qui pourra.


Assez curieusement il ne reprend jamais le personnage du Dr Loveless interprété par Michael Dunn (1,18 m) et souvent accompagné de Richard Kiel (2,17 m) qu’on retrouvera plus tard dans des films de James Bond. Il aurait pu aussi utiliser le comte Manzeppi joué par Victor Buono (180 kg !) mais non. Tous étaient pourtant des méchants de taille ou de poids !

Accusée avec d’autres d’être trop violente, ce qui aujourd’hui ferait plutôt sourire, la série est arrêtée au bout de quatre saisons entraînant de fait la fin de sa parution dans Gold Key.

La BD connaîtra une plus longue carrière en France notamment grâce à Gérald Forton et sera reprise fugacement en 1990 par Millenium Comics pour une aventure déclinée en quatre numéros à suivre.


Quant à Artemus et James ils reviendront pour deux téléfilms en 1980 
et 1981 avant qu’un film ne soit tourné en 1999 avec Will Smith 
et Kevin Kline.
 Le bide fut autant artistique que financier et 
depuis personne ne s’y est frotté.

Sit transit gloria mundi !



Nous remercions Voltaire 57 pour ce magnifique album en V.O., 
parfaitement édité.

  Album nº618 réalisé par Voltaire57

Publié par Monsieur Augustin






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