The Keep, traduit en français sous le titre La Forteresse Noire
fut d’abord un roman de Paul Wilson publié en 1981 au
succès immédiat. L’histoire se passe en Roumanie en 1941
et un officier SS fait quérir un vieux savant juif et sa fille
pour savoir ce qui tue ses soldats installés dans un vieux château.
Michael Mann qui fera par la suite Le Dernier des
Mohicans, Heat, Ali, Collateral,...
s’attaqua l’année suivante à l’adaptation du roman dans
ce qui fut son deuxième film et
qui faillit bien être le dernier.
Dès le début, le tournage est calamiteux. Il devait se
faire au Pays de Galles en 13 semaines mais
le temps est exécrable et Mann exigeant, il en faudra 22.
Le responsable des effets spéciaux
meurt au début de la post production sans que
personne ne sache vraiment comment il comptait
faire. On bricole donc les effets spéciaux qui n’ont pas
le rendu escompté.
Mann n’est pas content de sa fin et aimerait la retourner
mais Paramount trouve qu’elle a déjà
beaucoup trop dépensé et l’envoie paître.
Quand il présente sa version, elle fait 210 minutes et la
direction du studio s’étrangle. On rabote le film de
90 minutes pour les pré-tests.
Les réactions du public sont négatives.
Mann installait progressivement son intrigue,
y développait des idées sous-jacentes qui du fait
de ses ellipses rendent le film
plus haché. Devant les critiques Paramount décide
de couper encore, la version qui sort
au cinéma en 1983 fait 96 minutes et parait
encore plus incompréhensible.
Bref c’est un four que renient l’auteur du roman,
Paul Wilson et le réalisateur lui-même.
Le désastre financier est total et le film est retiré des
écrans au bout de 3 semaines !
Pourtant malgré les incohérences dues aux trop
nombreuses coupes, le film a des séquences
vraiment passionnantes qui font dire que, certes
il est raté, mais qu’il y a là
quelque chose de potentiellement grandiose.
La Forteresse Noire en a gagné une réputation
de film maudit, c’est peu de le dire, mais qui a son lot
d’afficionados car outre le
fait que c’est superbement filmé il y a quelque
chose de prenant et d’inachevé qui donne
envie de voir le film dans sa composition initiale.
Après tout Titanic n’est plus court que
de 15 minutes, Ben-Hur (1957) est aussi long et
Autant en emporte le vent (1939) encore plus.
À de très rares exceptions près le film n’est jamais sorti
en DVD. La dernière édition de
luxe en laser disc, 12.000 copies, a été vendue sans
tapage en 48 heures. Quand à la version
de 210 minutes, elle n’est jamais sortie et ne sortira
sans doute jamais si tant est que les négatifs existent encore.
Échaudé par cette expérience Paul Wilson, en 2005,
adaptera lui-même son roman en comics secondé par
Matthew Smith aux dessins.
Parmi les différences notables avec le film figure surtout
le personnage de Molasar.
Molasar est l’entité maléfique de l’histoire, à la demande
de Mann elle avait été imaginée par...
Enki Bilal. Pas question cette fois ci de l’utiliser puisque
Paramount a les droits , non pas du personnage,
mais de l’apparence que lui a donné Bilal...
[Le texte se poursuit à l'intérieur de l'album]
Album nº609 réalisé par Voltaire57
Publié par Monsieur Augustin
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