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lundi 4 mai 2026

Keos (L'Intégrale) J. Martin & J. Pleyers. Compilation de Voltaire57

 

Dès le milieu des années 1970 Jacques Martin est un homme comblé.
 Il est reconnu par tous comme étant l’un
des maîtres de la BD francophone, Alix sa série fétiche est à
 la fois un succès critique mais aussi commercial, 
et il compte relancer bientôt Lefranc 
avec Gilles Chaillet (1946-2011) au dessin.

Formé à l’exigence hergéenne Martin qui bouillonne d’idées de scénarios ne peut admettre confier les dessins àquelqu’un qui ne respecterait pas un tant soit peu son style et ce Chaillet là lui plait bien. Il lui plait tant que le jeune homme, il est tout juste dans la trentaine, va signer 9 neuf albums de Lefranc et quelques Voyages d’Orion. Cette reprise étant un suc-cès Martin enchaine avec un autre dessinateur, Jean Pleyers (1943) à peine plus vieux que Chaillet. Cette fois il s’agit d’une saga nouvelle, Xan bientôt renommée Jhen.

Il repère également un autre petit jeune qui s’appelle André Juillard (1948-2024) avec qui il lance Arno en 1983 mais après trois albums il y a un couac. Juillard n’est pas un très bon dessinateur c’est simplement l’un des maitres, sinon le meilleur du moment et il est demandé de partout. La collaboration cesse donc. Martin reprendra Arno bien plus tard pour trois nouveaux albums avec Jacques Denoël (1963).

Les années 90 sont pour Martin un maelstrom créatif ininterrompu. Outre la poursuite d’Alix, de Lefranc et désormais de Jhen, Martin lance, seul d’abord, Orion (1990) une série sur la Grèce antique, idée qu’il chérit depuis longtemps, puis vient le tour de Kéos (1992) qu’il crée avec Jean Pleyers.


L’action se déroule à la mort de Ramsès II (1213 av. J.C.). Le père de Kéos, fidèle compagnon de combat du Pharaon doit accompagner son maître dans la mort. Le jeune orphelin, il a grosso modo le même âge que le Enak des premières aventures, devient par décret royal le prince Ouarset, sans toutefois aucun droit dynastique.

Martin nous plonge dans les intrigues de cour en y ajoutant la présence de Moïse. Le père d’Alix fait sienne la théorie selon laquelle celui qui allait créer réellement la religion judaïque était l’enfant adultérin du pharaon Séti Ier et d’une esclave juive. D’autres hypothèses sont aujourd’hui encore débattues.


Comparée à la période d’or d’Alix (1952-1972) cette courte série de 3 tomes (1992-1999) est à des années-lumière d’avoir la même intensité. Le scénario, prétexte pour aborder la fuite d’Egypte, est d’un niveau relativement moyen malgré quelques aspects fantastiques dans la veine de du Dieu sauvage (1969 dans Tintin). Les dessins de Pleyers, en revanche relèvent incontestablement le niveau de cette série.


Cette série est née au moment où Jacques Martin connaissait des différends avec Casterman. Kéos tout comme Orion d’ail-leurs seront publiés chez Bagheera, maison aux projets plus ambitieux que les moyens.

Le deuxième volume sera d’ailleurs publié en 1993 chez Hélyode, un autre éditeur. Enfin le troisième et dernier tome sortira en 1999 quand Casterman aura récupéré les droits de l’intégralité de la série. Au final Kéos reste une série intéressante sans doute pas à la hauteur où on l’espérait mais qui mérite toutefois qu’on y revienne ne serait-ce que pour saluer le travail du toujours précieux Jean Pleyers.






Nous remercions Voltaire 57 pour ce magnifique album.


  Album nº631 réalisé par Voltaire57

Publié par Monsieur Augustin


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