Si vous aimez les récits antiques et ceux d’espionnage
vous risquez d’être comblé avec Maxence. Voici une
série fort originale qui colle de près à la réalité historique
même si elle s’en éloigne parfois.
Ainsi le shah de l’empire séleucide, Khavad Ier bel
et bien été déposé, emprisonné dans la forteresse d’oubli,
s’en est échappé même si son évasion fut
un peu moins rocambolesque.
Maxence est son fils illégitime; encore bébé il échoue au
sens propre comme figuré sur des côtes grecques.
Enfant il est adopté comme esclave.
Son maitre récupère plus tard une veuve et ses trois
filles encore gamines : l’ainée Comita, la benjamine
Anastasia et la cadette Théodora.
C’est elle qui après bien des aventures, non évoquées
dans cette série, deviendra impératrice.
Comito épousera un général et leur fille sera également
impératrice. D’Anastasia on ne sait rien voilà pourquoi
Romain Sardou, le scénariste, en fait la femme de Maxence.
L’histoire commence en 532 avec les fameuses révoltes
de Nika et il semble
bien que l’auteur se soit laissé déborder par ses
personnages, d’où un récit
parfois un peu trop elliptique et protéiforme.
Un peu plus de rigueur narrative en aurait une pièce maîtresse.
À sa décharge on rencontre peu souvent
des personnages aussi exceptionnels que Théodora,
Justinien Ier, Bélisaire ou Narsès.
Aussi pour mieux apprécier ces albums un petit
rappel historique s’impose
qui permettra de remplir les trous laissés par le scénariste.
Quand on évoque l’antiquité gréco-romaine on oublie
souvent Byzance qui a l’inconvénient d’être à cheval
sur l’antiquité et le moyen-âge.
En effet l’empire byzantin ne prend véritablement
son envol que lorsque la ville
devient capitale de l’empire romain en
330 sous le nom de Constantinople (la
ville de Constantin). Il faut insister sur l’importance
du personnage puisque non seulement
il fait basculer la capitale de l’empire en orient
mais réorganise l’administration,
redonne confiance dans la monnaie en créant
le solidus d’or (notre mot ‘sou’ vient de
cette pièce d’or), impose le repos dominical,
facilite l’affranchissement des esclaves et
interdit la séparation de leurs familles.
Enfin il fait du christianisme la religion
officielle de l’empire.
Quand il meurt en 337 à l’âge de 65 ans, il laisse
un empire puissant mais en 395 celui-ci
est scindé en deux, celui d’occident avec Rome
qui redevient une capitale et Constantinople
qui avec la chute de Rome devient la seconde Rome.
Il faut bien mesurer l’importance
cette terminologie puisque l’Europe du XXIe siècle
reste peu ou prou formatée par cela.
Nous avons d’un côté le catholicisme romain puis plus
tard les religions réformées utilisant
l’alphabet latin, de l’autre des chrétiens orthodoxes
avec des alphabets hérités du grec.
Lorsque Constantinople tombera aux mains
des Turcs en 1453, c’est Moscou qui
revendiquera progressivement le titre de troisième Rome,
se faisant le défenseur, intéressé, de tous les orthodoxes.
Les guerres de Yougoslavie (1991-2001) y
trouvent quelque part, même indirectement, leur origine.
Nous sommes en 532 et l’empereur Justinien Ier règne depuis 5 ans...
[Le texte se poursuit à l'intérieur de l'album]
Nous remercions Voltaire 57 pour cette magnifique compilation.
Album nº624 réalisé par Voltaire57
Publié par Monsieur Augustin













MERCI !
RépondreSupprimermerci
RépondreSupprimerMerci V57 et M. Augustin
RépondreSupprimerMerci beaucoup tous, c'est magnifique ! Je savais pas que sardou dessinait des bd ! 😂😂 je déconne
RépondreSupprimerMerci Voltaire 57 et M. Augustin.
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