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dimanche 16 août 2026

The Spanish Main Vol.10 Isidro Monés at Warren's / The Spanish Main Vol.11 Leopoldo Sánchez at Warren's - Compilation de Voltaire57 (V.O.)


Isidre Monés Pons (1947) est mieux connu sous son nom 
d’artiste d’Isidro Monés Pons. Toutefois certains de
ses récits sont parus chez Warren sous le pseudo de Munes, 
allez savoir pourquoi !. Comme ses collègues de
la même période il commence à travailler très jeune. 
D’abord dans la publicité et réalise aussi nombre d’illustrations
pour des albums d’images à coller, 
en quelque sorte les Panini de l’époque. 
C’est ainsi qu’il va peaufiner
son style et apprendre son métier tout en prenant
 des cours du soir à l’Academia Taller Valls.

L’arrivée d’Isidro chez Selecciones Ilustradas montre
 que s’il n’est nécessairement pas l’étoile la plu brillante, il
appartient néanmoins à cette galaxie. 
Il reconnait avoir été influencé par les Italiens 
Dino Battaglia (1923-1983) et Sergio Toppi (1932-2012) 
et ses compatriotes, Enric Scio (1942-1998), 
Esteban Maroto (1942) ou José Maria Bea (1942)., 
tout en avouant son admiration pour Moebius national 
(1938-2012). Il est des choix plus malheureux.
Tous sont à des degrés divers de grands dessinateurs 
et certains peuvent être considérés comme des
grands maîtres du noir et blanc.



Sa notoriété explose avec les récits qu’il livre pour Warren
 Publishing dont il devient l’un des gros contributeurs. 
Il suspend en 1976 sa collaboration avec l’éditeur 
américain et se rabat vers des titres importants de la 
BD britannique comme Commando ou Bullet. Comme il le dit 
lui-même il ne garde pas un bon souvenir de cette période :
« Le thème de la guerre était affreux ; la mise en page, 
fastidieuse, une succession de demi-pages identiques, alors
que j’ai toujours préféré des formats plus audacieux. 
Quant au sujet, c’était encore pire : toujours les gentils Anglais
avec leurs casques Tommy et en face les méchants. »

Pour la revue Misty destinée aux jeunes filles britanniques
 il donne quelques précisions sur sa technique : « Le
tirage ne permettait pas d’utiliser les nuances de gris, 
et je n’avais pas le temps de tout colorier en demi-teintes.
 J’ai donc dû recourir à la technique classique du pinceau 
et du lavis, et me replonger dans l’étude de Caniff et Toth. » 
Un bel hommage rendu à deux maîtres, non ?

On ne s’étonnera donc pas qu’il revienne en 1979 Warren 
qu’il quittera avec la faillite finale. Outre ses nouvelles il
laissera également une courte série fort intéressante, le
Dr Archaeus (disponible en anglais dans Bibliotheca Virtualis)

Suite à cela Selecciones Ilustradas lui décroche un 
contrat chez Disney? S’ouvre alors une période de bonheur
mais si facile que cela en terme de travail : « Faire partie 
de la famille Disney était épuisant. Imaginez devoir gérer
les références Pantone de toutes les créatures de la forêt 
de Bambi, les dix couleurs différentes (parfois plus) pour
chacun des nains de Blanche-Neige, et ainsi de suite, 
page après page, des pages
remplies chacune de 101 chiens. Ajoutez à cela un 
dossier complet de maquettes
de chaque personnage dans toutes les poses, 
pour ne pas dévier d'un pouce. »


Dans le même temps il continue une activité d’illustrateur 
pour des jeux, des couvertures de livres, des affiches, 
des cartes à collectionner, de sorte qu’il est
presque autant reconnu dans ce domaine que pour la BD.
Enfin comme tant d’autres de ses collègues 
il s’adonne à la peinture.
Mais pour l’heure présente voici de quoi mieux 
le connaitre en matière de BD !




Leopoldo Sánchez (1948-2021) est caractéristique de ce
 que certains appellent le « style espagnol », cette
excellence dans le noir et blanc. Si la maîtrise du jeu 
entre l’ombre et la lumière est partagée par beaucoup,
l’utilisation de tramés et l’alternance entre plume, pinceau 
et crayon est beaucoup plus rare. Pour
autant parler d’école espagnole est un peu excessif puisque 
la plupart de ces mêmes Espagnols reconnaissent
une dette aux cousins de la Botte, Sergio Toppi et 
Dino Battaglia ou de l’autre côté de l’Atlantique comme Breccia.



Qu’on ne s’y trompe pas nombre de dessinateurs américains, 
notamment ceux
qui ont officié sur les strips quotidiens, savent jouer avec 
les ombres tout comme par exemple d’autres excellents 
dessinateurs tels Attilio Micheluzzi ou Horacio Lalia. 
Mais leurs traits sont nets et finalement assez peu utilisent les
tramés. Or ceux-ci donnent une impression de texture. 
De plus en variant les
trames on donne une impression de profondeur e
ntre avant-plan et arrière-plan.
Enfin et ce détail n’est pas le moindre pour des artistes 
qui produisent beaucoup,
plutôt que de perdre du temps sur une foultitude de détails, 
la trame peut produire le même effet ce qui accentue 
l’ambiance de la planche.



Au moment où il lance Creepy le noir et blanc est 
une nécessité pour Warren
pour des raisons de coûts, le groupe étant souvent 
plongé dans des tourments
financiers de première grandeur.
Pourtant avec l’émergence de la concurrence Warren 
finira par insérer quelques pages couleurs dans chaque 
numéro de ses magazines. La difficulté résidait dans 
le va-et-vient entre l’Espagne et les Etats-Unis.
Mettre de la couleur sur des planches qui n’ont pas été 
conçues pour cela demande une réelle expertise. 
Chez Warren autant le dire tout de go, il ne s’agit pas,
 la plupart du temps, d’une franche réussite.

La marque du groupe est donc bien le noir et blanc.

La contribution de Sánchez chez Warren Publishing
 fut assez conséquente. Outre les récits complets,
 il fait partie de ceux qui ont produit
le plus de mini séries tels The Spook 
(voir album dans Bibliotheca Virtualis),
The Freaks ou The Pea Green Boat. Vous en en avez 
un exemple dans cet album avec The Unholy Creation.

D’ailleurs hormis Vampirella, Pantha et The Rook Warren 
Publishing n’a jamais eu de héros récurrents au long
cours. Le récit court complet est une autre des marques 
de fabrique du groupe; vous allez d’ailleurs maintenant
pouvoir le constater.


  


Nous remercions Voltaire 57 pour ces magnifiques albums en V.O., 

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