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dimanche 26 juillet 2026

The Spanish Main 06. Esteban Maroto at Warren's / The Spanish Main 07. Fernando Fernandez at Warren's (1971-1983) - Compilations de Voltaire57 (V.O.)


Né en 1942 Esteban Maroto est un des stakhanovistes de la BD. 
Après José Ortiz, il est le dessinateur qui
a le plus contribué aux revues Warren. Malgré ses
 plus de 500 planches, ce recueil n’est qu’une partie, la
plus grosse quand même, envers l’éditeur américain. 
C’est ce même Esteban à qui nous devons le fameux
costume de Red Sonja, un deux pièces en cote de mailles, 
c’est lui aussi qui a relooké Zatanna.
Bref, vous l’avez deviné il aime dessiner de jolies femmes. 
Grâce lui soit rendue !

Mais avant cela il a dû faire ses gammes comme tout le monde. 
Il débute en 1955, faites le compte, il a à peine 13
ans et doit sans doute encore porter des culottes courtes. 
Nous sommes en Espagne franquiste, les stigmates de
la guerre civile sont encore présents et l’opulence n’est 
guère de mise. Alors qu’au même moment les petits
Français vont au collège, des petits Espagnols se mettent
 à travailler. Pour notre futur vedette, le travail s’appelle
l’atelier de Manuel López Blanco (1924-1992), il y dessine 
des croquis et des décors. Là en 1958 il va rencontrer
un autre jeune, un peu plus âgé que lui, Carlos Gimenez (1941), 
le génial créateur des chefs d’oeuvre que sont
Paracuellos et Barrio; ils deviendront des amis pour la vie.

On retrouve nos deux compères avec un troisième larron
 Adolfo Usero (1941), madrilène également qu’on connait
mieux sous le nom d’Adolfo Abellán. Si les deux premiers 
travaillent pour l’agence Maga, rien à voir avec qui
vous savez, ce dernier commence à travailler pour 
Selecciones Ilustradas dès 1963. Mais dans les deux cas de
figure ils travaillent tous pour la presse BD britannique
 sur des titres de séries romantiques, de guerre ou de western
comme Buck John par exemple.



C’est à cette école qu’il va perfectionner son style. Comme on
peut le voir sur le dessin ci-contre, dans beaucoup de productions
destinées au petits formats, les décors et les ombrages sont réduits
à leur plus simple expression, ce qui n’empêche pas un dessin
de qualité. On reste toutefois loin de ce q’il pourra faire par la
suite. On voit dans nos exemples; plus bas ou sur la page ci-contre
que le travail sur les tramés ou les ombres est bien plus accompli
En revanche cet apprentissage lui a appris à travailler
vite. Vite et bien.
Parfois tout de même il profite de récits à connotation 
plus psychédélique
ou onirique pour relâcher son dessin et la qualité 
s’en fait un peu sentir... 
[Le texte se poursuit à l'intérieur du texte]



Encore un grand bonhomme de Selecciones Ilustradas, 
c’est d’ailleurs à se demander s’il n’y en eût jamais
de petits : Fernando Fernandez (1940-2010). 
En fait son nom complet est Fernando Fernández Sánchez.
Comme il y autant d’Espagnols qui s’appellent Sánchez 
que de Français qui s’appellent Martin il est plus
simple de s’arrêter à Fernandez. Vous me direz qu’il 
ne doit pas y avoir beaucoup moins de Fernandez que
de Sanchez et vous n’aurez sans doute pas tort, mais
 là n’est pas la question.
Certes, avoir son prénom comme son nom sonne un peu
 ridicule, comme si un
Français s’appelait Jean Jean ou Pierre Pierrot, 
mais La Fontaine nous l’a dit : il ne
fait pas juger les gens sur leur mine, dans notr
e cas ici leur patronyme. Car Fernando
Fernandez est un artiste complet et un grand.



Dessinateur, illustrateur, coloriste, le plus souvent 
en couleurs directes, scénariste,
rien ne lui manque. Des 11 histoires présentées ici, 
9 sont dues à son talent
d’écriture. Elles partent d’un quotidien banal pour une 
fin qui l’est moins.


Comme ses collègues de S.I. Arts, il entame tôt 
sa vie active; dans l’Espagne franquiste
des années 50 on ne lambine pas ! 
C’est en effet à 13 ans qu’il commence à
travailler dans un laboratoire pharmaceutique. 
Mais l’enfant qu’il est encore préfère
dessiner et il le fait plutôt bien. Il
réussit à placer quelques courtes BD ici
et là et en 1956 il cogne à la porte de
Josep Toutain, barcelonais comme lui. D’abord comme encreur puis
en dessinant des bandes sentimentales destinées au marché britannique
mais aussi une bande de science-fiction pour Artima,: Ray Comet.



Tout en poursuivant sa collaboration avec S.I. Arts Fernando file en
1958 en Argentine mais les heures florissantes du marché local sont
passées, la récession est là et pas mal d’artistes, à commencer par
Hugo Pratt ont quitté ou vont quitter le pays. Début 1960 Fernando
est de retour à Barcelone et continue de livrer des planches de guerre
pour les revues anglaises.

Au milieu des années 60 il commence également une carrière de
peintre, puis en 1970 il lance avec succès une BD quotidienne,
La Mosca (La Mouche), qu’il abandonne en 1973.
 C’est à cette même date qu’il travaille pour Warren. 
En 1980 avec Nicola Cuti au scénario
 il crée une série de SF, Zora et les Hibernautes
puis en 1982 il attaque, seul cette fois, Dracula
(ces deux albums sont disponibles en français
 dans Bibliotheca Virtualis).


Sur avis médical il ralentit sa production au point de ne se consacrer presque exclusivement qu’à la peinture, devient
un portraitiste renommé et enseigne son art.

Mais trêve de bavardage il est temps de profiter de son talent !

 


Nous remercions Voltaire 57 pour ces magnifiques albums en V.O., 

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