Au physique c’est un monstre ou quasiment tel.
D’ailleurs amis comme
ennemis ne se gênent pas pour l’appeler
‘macaque’ et de fait il a un côté simiesque.
Il s’appelle McQueen,
est détective privé et officie à New York.
Nous sommes en 1967 et alors que le salaire médian d’un
ménage est de 7.000 $ par an, lui prend 25$ par jour, plus les frais.
Mais pour cette affaire là il va en demander 150.
Pour cela il doit retrouver
une jeune française dont le tonton semble éploré.
Il l’est davantage encore
par la disparition d’une statuette chinoise qui ne vaut
pas moins de 15.000 $.
La belle a en effet eu l’idée saugrenue de partir avec ce jade
qui représente trois petits singes ,
ça tombe bien c’est le titre de l’histoire !
À cette enquête s’en greffe une autre toute personnelle.
Notre héros s’est promis de
retrouver Maya la fille de son amie Lynn qui est désormais
plongée dans le coma.
Lynn était une cliente qui cherchait à fuir avec sa
fille un mari violent et accessoirement gangster.
Depuis la gamine a été enlevée et sa mère git à l’hôpital.
Un tel échec vous secoue un
homme, même quand il a un faciès
très particulier. C’est pourquoi notre
détective de choc va régulièrement chez une psy.

Quand on aura ajouté que son nouveau client et Pépé, son adjoint,
viennent de passer brutalement de vie à trépas, on pourrait
se demander si notre héros ne porte pas la guigne.
Bref, il va falloir jouer des coudes, mais pas que, pour trouver la solution.
Vous l’avez compris nous sommes dans une bonne série noire comme le
cinoche américain nous en a offert des paquets. Question originalité on
repassera donc, mais c’est solide, carré et bien fait.
Toutefois le plaisir qu’on retire d’un film réside aussi dans
le talent du metteur en scène.
C’est la même chose en BD et là on peut dire
que nous sommes gâtés.
Outre le fait que le dessin a un petit quelque chose de Philippe Berthet,
il est des modèles moins classieux, la mise en page
témoigne d’une maîtrise réelle de l’art séquentiel.
La continuité des cases et de l’action ci-dessous n’en est qu’un petit reflet.
Emilio van der Zuiden qui signe dessin et scénario s’offre
même le luxe de pasticher Escher.
L’auteur nous fait cadeau de quelques planches aussi belles que
fort originales dans une histoire qui malgré sa violence est
d’une originalité folle, le fantôme de Pépé n’étant qu’un de ses éléments.
Bref, ce Belge « né d’un père batave et d’une mère
gitane andalouse » a un talent fou.
La balade new yorkaise qu’il nous propose est d’ailleurs un délice.
On l’a d’abord connu en France car il fut le co-créateur des Enquêtes
auto de Margot. Depuis il travaille surtout avec Stephen Desberg
avec toujours autant d’élégance mais un poil moins d’originalité.
Il faut dire qu’autant Les Anges d’Auschwitz (2020)
qu’Aimer pour Deux (2021) ou L’Héritage Wagner (2023)
ne prédisposent pas à la rigolade. Signalons également sa bien jolie
interprétation de la Fille du Puisatier (2024) tirée de Pagnol.
Si vous ne le connaissiez pas déjà vous allez maintenant avoir
la chance de découvrir un grand artiste !
Nous remercions Voltaire 57 pour ce magnifique album.
Album nº646 réalisé par Voltaire57
Publié par Monsieur Augustin












MERCI !
RépondreSupprimerMerci Voltaire57 (JoeBloggs)
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