Quand il créé Creepy en 1964 James Warren (1930) ne fait
que reprendre une recette qu’EC Comics avait
porté au pinacle au début des années 50, à savoir de
courtes histoires d’horreur qui se terminent avec un
effet de surprise. Ces retournements de situation étaient
souvent marqué par un côté cynique souligné
d’un humour très noir. EC avait combiné l’esprit fantastique
des nouvelles d’Edgar Poe (1809-1849) avec
l’humour d’O. Henry (1862-1910).
On connait mal en France cet auteur qui en son temps
fut comparé à Maupassant. Nouvelliste comme le Français
il terminait ses contes avec une ironie mordante
qui retournait la situation comme un gant.
Le moins qu’on puisse dire est qu’il a vécu une vie un peu
particulière. Pharmacien de formation, il est condamné à la
prison car il avait tendance à confondre sa poche avec le
coffre de la banque pour laquelle il travaillait. En prison il
continue d’écrire en prenant le pseudo qui fera sa renommée.
Libéré pour bonne conduite, il garde définitivement
son nom de plume et s’installe à New York où ses contes
acides font mouche en décrivant la société de l’époque. Si
Maupassant meurt de la syphilis, Greg Potter puisque tel est
son patronyme décède d’une cirrhose du foie, comme si
chaque pays possédait son vice national.
Toujours est-il que la fin en twist devient une marque de fabrique
dans ce qu’on appelle la littérature bis. Depuis 1956
beaucoup de nouvelles policières de l’Alfred Hitchcock's
Mystery Magazine reposent sur ce principe final.
Il y a chez Maupassant la même recette mais elle repose plus
souvent sur l’amertume que l’humour même
si le cynisme ou le désespoir selon le cas ne sont jamais bien loin.
Bien évidemment une nouvelle fantastique peut-être excellente
même sans un retournement de situation; néanmoins
celui-ci est tel une épice dans un plat : elle accentue les saveurs.
En fait il y a beaucoup de points communs
entre une blague et une nouvelle fantastique ou d’horreur
(on parle bien de nouvelles et non de romans). L’effet
réside dans la chute. Lors des séances de la commission
d’enquête sénatoriale sur les comics Bill Gaines, le patron
d’EC Comics, revendiquera d’ailleurs cette filiation avec O. Henry.
Warren retient la leçon mais d’autres aussi. EC n’était pas certes
le seul à avoir un hôte qui présentait les histoires
mais les siens furent ceux qui laissèrent le plus de traces
justement par leur humour final : La Gardienne de la
Crypte, la Vieille Sorcière, le Gardien du Coffre qui
devenaient les ambassadeurs des journaux du groupe puisqu’on
les voyait sur les couvertures. Warren préférera soigner
les siennes avec de véritables affichistes mais fit
des vedettes d’Oncle Creepy puis un peu plus tard du
Cousin Eerie et enfin de Vampirella. Comme chez EC ces
personnages concluaient systématiquement ou presque
l’histoire avec une pointe d’ironie souvent cynique.
Toutefois avec le temps et les difficultés financières
Warren laissera tomber la figure de l’hôte dans les histoires.
Cela l’obligeait en effet à mettre chaque personnage
dans la revue qui portait son nom, ne plus en avoir permettait
de placer les histoires indifféremment...
(Le texte se poursuit à l'intérieur de l'album)
LES ARTISTES
Aldomá
Azpiri
Joaquín Blázquez
Adolfo Buylla
Miguel Fernández
Alfonso Font
Jorge Gálvez
Luis García Mozos
José García Pizarro
Carlos Gimenez
Víctor de La Fuente
Juan López
Mascaró
José Mirallès
Carlos Prunes
Miguel Quesada
Enric Romero
José Rubio
Suso
Zesar
LA SÉRIE SPANISH MAIN, CHACUN CONSACRÉ À UN DESSINATEUR
ET TOUS EN ANGLAIS, PREND FIN
Nous remercions Voltaire 57 pour ce magnifique album en V.O.,
parfaitement édité.
Albums nº682 réalisés par Voltaire57
Publié par Monsieur Augustin
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Merci
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