Cet album reprend l’intégralité des adaptations des nouvelles
d’Edgar Allan Poe, Nathaniel Hawthorne,
Ambrose Bierce et Bram Stoker parues
dans les revues américaines
Creepy, Eerie, Vampirella et 1984/1994.
Des 33 nouvelles de ce recueil, 24 c’est à dire l’écrasante
majorité relèvent d’Edgar Allan Poe.
Longtemps oublié, ignoré de son vivant l’écrivain de Baltimore,
mort dans une quasi misère, est devenu
avec le temps une des figures majeures de la littérature
américaine. Son poème Le Corbeau est considéré comme
l’un des plus beaux, au point que lorsque la ville de Baltimore
a pu obtenir une franchise de football américain c’est
un corbeau qui fut choisi comme emblème.
Les Etats-Unis l’ont en partie redécouvert grâce à la
France qui l’a très rapidement célébré. Les traductions de
Charles Baudelaire ne sont sans doute pas étrangères à cela.
Aujourd’hui paré de toutes les vertus cet auteur passe
pour l’inventeur du roman policier grâce à son fameux
chevalier Dupin. La chose est évidemment bien plus complexe
que cela mais il est vrai qu’il a jeté les bases du genre policier.
C’est également l’un des père du fantastique,
non pas que le genre n’existât pas avant mais il l’a
dépoussiéré des contes et des romans gothiques
du XVIIIe siècle.
Mieux encore il a, dans de nombreuses nouvelles,
inséré une dimension psychologique
presque parfois psychanalytique.
Quand il prend en main la destinée de Creepy (novembre 1964)
Archie Goodwin (1937-1998) est un quasi inconnu,
on verra ensuite qu’il était de première grandeur.
Les Américains voient en Stan Lee leur plus grand auteur de comics.
C'est vrai qu'il a révolutionné l'approche des super-héros
mais son talent, voire son génie, s'est cantonné
dans ce seul segment. Tel n'est pas le cas d'Archie Goodwin
puisqu'il a scénarisé des épisodes des 4 Fantastiques,
d'Iron Man, de la Guerre des Etoiles, d'Agent Secret X-9,
des récits de guerre, etc. Et comme ci ce n'était pas suffisant,
c'est lui qui a introduit Akira et Moebius (notre Gir !) aux Etats-Unis.
Enfin il fut également un auteur de nouvelles
policières éditées dans Ellery Queen Magazine s'il vous plaît !
Quand il rejoint Warren Publishing, il n'a qu'une courte
expérience chez Harvey Comics. Dès le #1 de Creepy,
il scénarise 3 histoires sur 7, 3 sur 5 dans
le #2, 5 sur 6 au #3; etc.
Dès le #4, il devient rédacteur en chef de la revue, tout
comme pour Eerie.
Mais ses relations avec Jim Warren sont parfois chaotiques
et parfois édeniques. Il finit par claquer la porte au #17
mais continuera de fournir des histoires très régulièrement.
Après plusieurs années les rancœurs sont apaisées et
Warren le rappelle car le journal patine.
Goodwin revient du numéro 64 à 68 mais ses relations
orageuses avec
Warren, réputé pour sa pingrerie, repartent et lui avec.
C’est tout de même lui qui a façonné l’image de Creepy et Eerie.
Dès le #3 de Creepy il a l’idée d’adapter Le Coeur
révélateur (The Tell-Tale Heart) une nouvelle
écrite de Poe en 1843.
Pour cela il s’adjoint les services de Reed Crandall
dont les dessins délicieusement rétros confèrent
à l’ensemble un alibi culturel.
Il adapte également deux nouvelles d’Ambrose Bierce dont
l’astucieux An Occurrence At Owl Creek Bridge! auquel
Bob Jenney donne le visage d’Edgar Poe. On connait Bierce
en France essentiellement pour son Dictionnaire du
Diable (1911), un recueil tout à fait réjouissant de 98
définitions acides. Mais on lui doit aussi une centaine de nouvelles
qui pointent la futilité de l’être humain et son côté déraisonnable.
C’est particulièrement vrai dans ses écrits
sur la Guerre de Sécession à laquelle il participa, non sans
lui laisser un dégoût profond.
Écorche vif il voulut voir de plus près la Révolution
Mexicaine tout à fait certain de ne pas en revenir puisque dans
sa dernière lettre datée du 26 décembre 1913 il écrivait :
« Être un Gringo au Mexique [en pleine Révolution], ça c’est
de l’euthanasie ! ». On perd sa trace ensuite.
Tiré du roman de Carlos Fuentes (1985), le film The Old Gringo (1989)
avec Gregory Peck et Jane Fonda raconte se qui aurait pu se passer.
Nathaniel Hawthorne est surtout connu pour son roman La Lettre Écarlate
(1850), un virulent pamphlet contre la société puritaine de la Nouvelle-
Angleterre dans les années 1640/1650.
On oublie parfois sa Maison aux 7
Pignons (1851) un roman gothique ainsi que
la centaine de nouvelles qu’il a pu écrire, certaines ne dépassant guère une page.
Bram Stoker est l’immortel auteur, normal puisque l’on parle de vampire,
de de Dracula (1897). Ne figureront pas dans cet album les adaptations de ce
roman épistolaire. En revanche vous trouverez à la fin, cerise sur le gâteau,
L’Invité de Dracula qui a l’origine était le premier chapitre du roman mais ne
fut publié qu’en 1914 après la mort de l’auteur.
The Squaw publié à l’origine en 1893 n’a rien à voir avec les
Amérindiens puisqu’il s’agit d’un chat qui sera l’instrument
du destin de la fiancée de fer.
Vous voici devant 33 adaptations, plus ou moins fidèles,
représentant 29 histoires puisque 4 d’entre elles ont fait
l’objet d’une nouvelle publication.
C’est toujours intéressant de comparer deux versions
tant au niveau de l’écriture que des dessins.
10 de ces adaptations sont dues à Archie Goodwin dont
in ne saluera jamais assez l’éclectisme et le talent mais la
majorité, 17, est signée Rich Margopoulos (1949-2021 ?).
La postérité a été injuste avec lui. À dire vrai on sait
même pas s’il est mort, il peut s’agir d’un homonyme.
Il a pourtant outre Warren travaillé pour DC, Marvel
et Archie mais ce sont peut-être ses histoires fantastiques
qui furent les meilleures. On lui doit ainsi 107 récits pour
les magazines de Warren Publishing, ce qui fait de lui le 5e
scénariste le plus prolifique, derrière Bill DuBay,
Archie Goodwin, Budd Lewis et Gerry Boudreau.
Il mérite largement ce coup de chapeau !
Série Warren Goes Classic
Nous remercions Voltaire 57 pour ce magnifique album en V.O.,
https://www.mediafire.com/file/9z5nh8rpwckqrtd/Warren+Goes+Classic+-+Compilation+de+Voltaire57+(V.O.)+SeulementBD.pdf/file
















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