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lundi 8 juin 2026

Sundance (Intégrale) 1995-1998. F. Cortegianni & Michel Suro - Compilation de Voltaire57 [Série Far West Library]

 

 En cette fin du XIXe siècle nous sommes au crépuscule du western. 
Le progrès, l’industrialisation et l’automobile
sont en train de faire entrer l’Ouest dans la légende. 
Il ne restera bientôt plus que des figures que le temps a mythifié.
Charles Longbaugh dit Sundance, celui de Butch Cassidy 
et le Kid, en fait partie. Ce 19 septembre 1899 il
doit être pendu mais par un subterfuge mitonné par 
le regretté François Cortegianni (1953-2022) le voici 
dans le bureau d’un des chefs de l’agence Pinkerton 
avec un marché à la clé : Tuer ses anciens complices 
et il sera amnistié. S’il était tué dans cette mission
 le gouvernement américain 
prendrait soin de sa fille Emma, une gamine de 
10 ans autiste. La mort dans l’âme il accepte.

Pour éviter qu’il ne joue la fille de l’air l’agence lui colle
 un ange gardien en la présence de James Siringo, 
un as de Pinkerton.
Dans leur pérégrination ils vont croiser la route d’un d
es plus fameux bourreaux du Far West, Charles Maledon,
 qui n’aura de
cesse de les traquer pour mieux les prendre. 
Vous apprendrez pourquoi dans les pages qui suivent.
Tous ces personnages ont bel et bien existé 
mais pour se donner un peu plus de liberté en écrivant 
cette histoire fictive Cortegianni
a changé les prénoms . Longbough se prénommait Harry 
et non Charles; de plus son véritable nom était Longabough
et non Longbough. Quant à Siringo il s’appelait Charlie
 pas James et Maledon George non Charles.
Le scénario de Cortegianni respecte les canons
 du western, canon dans tous les sens du terme. 
Il musarde parfois en route
mais l’ensemble est réellement plaisant. 

On ne saura jamais si le Kid de cette saga a été amnistié 
car le cinquième tome annoncé,
100 $ pour mourir, n’est jamais sorti et n’a sans doute
jamais été écrit. 
Pour autant ce n’est guère gênant car 
si cette saga a un fil rouge, la vengeance, 
chaque épisode peut se lire indépendamment.

Le dessinateur, Michel Suro (1968), était alors un 
quasi débutant. 
Son style, très influencé par celui de Gir, est encore un peu
maladroit même s’il est plaisant. De plus il colle à la réalité. 
Son Maledon ressemble au vrai et il n’oublie pas de lui donner
deux colts comme l’authentique; il donne aussi les traits 
Lee van Cleef à l’un de ses personnages. 
Vous en donner le nom serait
faire une divulgâcherie. Sur plusieurs planches nous 
sommes donc chez Blueberry, au moins pour les décors 
car les visages
sont parfois moins réussis. Mais rassurez-vous
 la chrysalide est devenu papillon car l’artiste a 
atteint aujourd’hui sa pleine maturité.


Pour la visite des plaines de l’ouest et les glaces canadiennes
 en passant par les bayous de Floride il ne vous reste plus qu’à
enfourcher l’un des broncos qui vous attend à la page suivante.


 


 Nous remercions Voltaire 57 pour ce magnifique album, 

parfaitement édité.

  Album nº643 réalisé par Voltaire57

Publié par Monsieur Augustin

lundi 9 mars 2026

Apache Junction 01 (Intégrale) - Compilation de Voltaire57 [Série Far West Library]




 C’est peu de dire que Jean Giraud (1938-2012) est l’une des icônes 
de la BD franco-belge. C’est certes au départ
un dessinateur prometteur, cette planche de 1957 parue dans
 Coeurs Vaillants le montre mais il aurait pu rester
l’un de ces très bon artisans comme l’industrie en compte
tant. Mais la chance va frapper deux fois coup sur coup.

Nous sommes en 1960 et le jeune dessinateur vient 
de terminer son service militaire.
 Il devient l’assistant de Joseph Gillain plus
 connu sous son pseudo de Jijé (1914-1980). 
Aujourd’hui sinon ignoré,  en tout cas pas estimé
à sa juste valeur, l’auteur de Jerry Spring est
 l’un des papes de la BD belge. 
Tout ceux qui l’ont connu parlent de lui comme 
d’une personne certes fantasque, cf. sa virée américaine,
 mais fidèle en amitié, serviable
et très professionnel.

Gir ne dira pas autre chose plus tard : « C'était une époque merveilleuse.
Joseph a été pour moi un père parfait ; je n'ai qu'à me 
éliciter des leçons qu'il
m'a données. » Les deux hommes se connaissent depuis 1957, le jeune
français étant allé à plusieurs reprises demander des conseils au mètre
belge.

Ils ont suffisamment sympathisé pour que Jijé
le mette en scène sous le nom de Juan Giraudo
dans les dernières vignettes de 3 Barbus de la Sonoyta (1957).


Ils vont donc travailler ensemble sur La Route de Coronado qui sera
d’abord publiée dans Spirou en 1961 puis éditée en album en 1962.


L’année suivante Jean-Michel Charlier demande à son copain Jijé de bien
vouloir dessiner un western qu’il compte créer pour Pilote. Ultra débordé
le Belge lui envoie son poulain. C’est la deuxième chance de Gir qui délaisse
Hara-Kiri dans lequel il avait commencé à travailler pour l’aventure
Pilote.


Charlier c’est la Rolls des récits d’aventures et pour Blueberry qu’il lance
avec Gir, il se surpasse. La série est un succès la carrière de Jean Giraud,
alias Gir, alias Moebius est définitivement lancée.

À proprement parler Gir n’a vraiment eu qu’un assistant Michel Rouge
(1950) sur la Longue Marche (1980). C’est d’ailleurs lui qui reprendra
Marshall Blueberry pour son ultime épisode (2000). Mais d’autres vont
graviter dans la galaxie giraldienne. Le Néo-zélandais Colin Wilson reprend
en 1985 les commandes de La Jeunesse de Blueberry. Lui aussi
s’inscrit dans le style de Gir. En revanche quand Michel Blanc-Dumont lui
succède, celui possède un style, superbe au demeurant, qui rompt avec
celui de Giraud...
[Le texte se poursuit à l'intérieur de l'album]



 

 Nous remercions Voltaire 57 pour ce magnifique album, 

parfaitement édité.

  Album nº 617 réalisé par Voltaire57

Publié par Monsieur Augustin

lundi 2 mars 2026

Les Ombres de la Sierra Madre (Intégrale) - Compilation de Voltaire57 [Série Far West Library]

 


Parce qu’il a été traumatisé de ce qu’il a vu pendant la guerre, 
Moroni Fenn s’est mis à boire plus que de raison.
La chose n’est pas très bien vue chez les Mormons, dont il fait partie.
 Le voici après une nouvelle gueule
de bois condamné à aller défendre une colonie de frères installés
 au Mexique. Nous sommes en 1920 et les
derniers feux de la révolutions brûlent encore.


Arrivé sur place il libère Bui, une enfant indienne, qu’un escroc exhibe comme une bête de foire. Il s’installe également
dans la posada Grijalva tenue par la bien jolie Guadalupe et trois années passent dans le bonheur le plus complet.
À ceci près que le tonton de la jeune femme, Merejildo Grivalja qu’on appelle plutôt Meri, est un brin cintré.
Enlevé môme par des Apaches, il a vécu parmi eux plusieurs années, a appris les connaitre
et sait lire les pistes, se cacher, se glisser 
en silence comme un guerrier. Mais il
en a aussi gardé une haine inextinguible. 
Il sait aussi que tôt ou tard des Apaches viendront
reprendre Bui car c’est l’une des leurs, même si elle est heureuse 
avec ses parents adoptifs.

On retrouve la base des films comme Le Vent de la Plaine ou Les Rodeurs de la Plaine.
Philippe Nihoul a qui l’on doit quelques titres dans la série Les Reines de Sang avait
LE VRAI MEREJILDO GRIJALVA
 (1840-1912)
déjà signé en 2010 Snuff, une série violente. Celle-ci n’échappe pas à la règle et va
monter crescendo jusqu’à son paroxysme final.
Il s’agit d’un western bigrement original. D’abord parce que situé dans les années 20,
à une époque où les tribus indiennes sont largement pacifiées. Le dossier historique
qui accompagnait le premier album donnait d’ailleurs des précisions sur l’existence de
tribus qui vivaient encore libres dans la sierra Madre.
Il incorpore d’ailleurs les biographies, photos d’époque à l’appui, de Merejildo Grivalja,
Guadalupe, Bui et Moroni Fenn. Tout cela est bien sûr bidon même s’il a vraiment existé un Merejildo Grijalva (1840-1912)
 qui a bien été enlevé à l’âge de 9 ans par les Chiricahuas, en a connu tous
leurs secrets et fut par la suite scout pour l’armée américaine.

On trouve également la trace d’un Moroni Fenn (1887-1962) qui
semble-t-il était bien mormon, a réellement vécu dans une colonie
mormone au Mexique, Colonia Diaz, mais s’est marié en
1905 avec Vermina Staley et a eu 7 enfants avant de retourner
aux Etats-Unis en 1940.

Bref Nihoul s’amuse à nous balader en insérant des éléments
authentiques. Ainsi il y a bien eu aux Etats-Unis comme au
Mexique et même en Argentine quelques exactions tardives. Le
dernier a été recensé en 1937 au Mexique mais Dieu merci sans
la violence extrême de cette histoire.

Quand cette violence existait, elle était surtout le fait des
blancs. Ainsi le 19 juillet 1924 colons et policiers argentins ont
massacré un demi-millier de Qoms et Moqoits dont le seul tort
était de vivre.

Ce massacre de Napalpi fut planifié de longue main, ainsi pour
mieux repérer les futures victimes, fut envoyé un avion de 
reconnaissance. Il existe d’ailleurs une photo (voir page suivante)
 où l’on voit une vingtaine de personnes attroupées
devant l’avion. Pire encore, réalisant (enfin) qu’ils avaient 
commis un crime tous ces « braves gens » cherchèrent à
éliminer les témoins survivants dans les semaines qui suivirent.

Enrique Lynch Arribálzaga (1856-1935) dénonça d’ailleurs 
le massacre dans une lettre lue en plein Congrès argentin.

L’AVION DE RECONNAISSANCE QUI PERMIT LE MASSACRE DE NAPALPI

On retrouve cette anecdote de l’avion dans la
BD que vous allez lire.

Un western est par nature toujours violent, les
lecteurs ou spectateurs sont donc habitués à
ces coups de feu et ces morts qui tombent dans
la poussière. Celui-ci respecte ces codes pendant
les deux premiers tiers de l’histoire, puis
grimpe d’un cran, le dernier volet étant une
montée tout aussi violente que cruelle. Elle est d’autant
plus insupportable qu’elle vient en contrepoint d’un bonheur
qu’on espérait aussi paisible que parfait.

Les âmes sensibles sont donc prévenues.
Encore une fois Daniel Brecht nous offre 
un dessin tant lisible que détaillé.

Qu’on ne fasse pas davantage appel à son talent est l’un de 
ces mystères que
le monde de l’édition nous réserve avec une 
égularité de métronome.

Mieux encore nous avons avec cet artiste un amoureux du 
western qui de plus y est particulièrement à son affaire. 
Sur les 10 albums dont il a assuré les dessins,
c’est peu compte tenu de son talent, 9 sont des westerns.

Souhaitons qu’un jour un éditeur intelligent ou compétent, 
ces deux qualités cumulées se faisant de plus en plus
rares, puisse lui donner vraiment sa chance.

Comme disait Pierre Dac : « La chance est une question de veine ! »


BRECHT : UN MAÎTRE DU WESTERN




 

 Nous remercions Voltaire 57 pour ce magnifique album, 

parfaitement édité.

  Album nº 615 réalisé par Voltaire57

Publié par Monsieur Augustin

lundi 23 février 2026

Sous un soleil de plomb (Intégrale) - Joan Mundet. Compilation de Voltaire57 [Série Far West Library]

 

Joan Mundet (1956) n’est pas vraiment connu en France ce 
qui renforce l’impression que les grandes maisons d’édition
de BD en France savent davantage lire des pages de 
bilan que des planches dessinées.


De ce côté-ci des Pyrénées nous ne connaissons que trois séries, 
Capitaine Alatriste tiré des romans d’Arturo Pérez-Reverte, 
Capablanca une série de cape et d’épée également située
 dans l’Espagne du siècle d’or et enfin ce Soleil de Plomb (2021).
La guerre de Sécession vient de se terminer il y a peu et Horace,
un ancien de la marine américaine, il en a l’uniforme en tout cas,
déambule à cheval dans le désert qui couvre l’Arizona et le Sonora.
En chemin il sauve une jeune fille blanche, Rita, des mains
d’Apaches qui comptaient en faire leur esclave.

La gamine a vu sa famille massacrée et n’a qu’une idée : rejoindre
un oncle qui vit à Jiloca Pass sur le Rio Colorado. Horace se propose
de l’emmener jusqu’à Tucson puis de se quitter. Voici bientôt
que leur chemin croise la route de Contreras El Tigre, un ancien
mercenaire de William Walker.

Horace, lui, est un ancien esclave évadé de sa plantation ; il a
participé à la ruée vers l’or de la Californie (1849) et a également
fait partie de l’aventure Walker au Nicaragua (1856-1860). C’est
peu dire que c’est un dur à cuir qui a l’habitude de ne pas faire de
sentiments. Entre El Tigre et Horace existe un lourd contentieux
qui amènera Rita et Horace à fuir dans le désert du Sonora
poursuivis par le Mexicain et ses hommes. Tous y trouveront
leur destin.
C’est superbe et les dessins de Mundet renforcent ce soleil
de plomb. C’est étouffant et grandiose tout à la fois. L’artiste
catalan nous offre des cases superbes et des planches
souvent originales. Horace, du genre taiseux, estime au départ
que Rita est un boulet mais va pourtant devenir un père
de remplacement le temps de leur périple qui se termine par
une surprise finale.


Signalons que les aventures de Rita se poursuivent depuis
cette année dans la série Rita Candela, en espagnol évidemment !...
[Le texte se poursuit à l'intérieur de l'album]



 

 Nous remercions Voltaire 57 pour ce magnifique album, 

parfaitement édité.

  Album nº 613 réalisé par Voltaire57

Publié par Monsieur Augustin

lundi 16 février 2026

Death Mountains (Intégrale)- Compilation de Voltaire57 [Série Far West Library]


La conquête de l’ouest a commencé véritablement avec l’achat de la Louisiane par les Etats-Unis en 1803. Pour 15 millions de $ les Américains récupéraient un peu plus de deux millions de km². Jusqu’alors les limites du pays coïncidaient peu ou prou avec le Mississipi. Comme tout nouvel acquéreur l’idée était de faire le tour du proprié-taire. Ce fut l’objet de la mission de Lewis et Clark qui partit des environs de St Louis en mai 1804, atteignit l’embouchure de la Columbia en décembre 1805 et revint à St Louis en septembre 1806.


L’objectif déclaré du président Jefferson était de faire des Etats-Unis un pays qui serait bordé d’un côté par l’Atlantique, de l’autre par l’Atlantique. En dehors des Amérindiens et des trappeurs, beaucoup d’origine française, le pays est vide. Il est aussi inconnu qu’immense. Pour les futurs pionniers, il existe essentiellement deux villes de départ où l’on peut se fournir de ce pourrait bien manquer dans un voyage qui durera quatre mois dans le meilleurs des cas et six en moyenne.

En 1840 St Louis avait 16.500 habitants et 78.000 dix ans plus tard. C’était la ville de loin la ville la plus importante à l’ouest . A titre de comparaison à la même époque New York en comptait 515.000, Boston 137.000, la Nouvelle-Orléans 116.000 et Chicago ...30.000. L’autre ville de départ, Independance, n’était qu’une grosse bourgade de 3.000 âmes.

Entre les grandes plaines et le Pacifique il y a la chaine des Rocheuses. Du nord du pays au sud c’est un mur de 4.800 km de long et de près de 500 km dans sa plus grande largeur. La plupart des cols bordurent les 2.000 mètres et certains dé-passent allègrement les 3 voire 4.000 mètres. Or des cols il faudra en en franchir plusieurs.

À vol d’oiseau il y a 2.800 kms pour atteindre l’océan, c’est-à-dire plus de 3.200 par la route la plus courte. Mais de routes il n’y en a pas, on connait quelques chemins empruntés par les trappeurs qui les retranscrivent sur des cartes imprécises.. Il faut donc trouver des pistes (trails) que pourront emprunter les caravanes de pionniers. Ce sera le travail des explorateurs.

Quelques noms feront la légende. Hugh Glass (1783-1833) qui mourra lors de la guerre contre les Arikaras est un nom qui ne vous dit rien. Pourtant il est la source d’au moins deux films, Le Convoi Sauvage (1971) avec Richard Harris et The Re-venant (2015) qui vaudra à Leonardo di Caprio un Oscar.


LES 3 PISTES PRINCIPALES EN 1850 L’OREGON TRAIL (3.500 KM), LA CALIFORNIA TRAIL (2.600 KM), LA SANTA FE—OLD SPANISH TRAIL (2.500 KM)

Jedediah Smith (1799-1831) va parcourir en tous sens la région et sera l’un des premiers à traverser la désert du Mojave en
1826 avant de se faire tuer quelques années plus tard par les Comanches. Jim Bridger (1804-1881) est le premier européen à découvrir le Grand Lac Salé, Jim Beckwourth (1798-1866) trouve une passe qui porte désormais son nom dans la sierra Nevada et bien d’autres sont parmi les premiers à ouvrir la voie. Des hommes comme John Fremont (1813-1890), John Bozeman (1835-1867) ou Kit Carson (1809-1868) continueront leur oeuvre...

[Le texte se poursuit à l'intérieur de l'album]






 

 Nous remercions Voltaire 57 pour ce magnifique album, 

parfaitement édité.

  Album nº 612 réalisé par Voltaire57

Publié par Monsieur Augustin

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